Là où chantent les écrevisses - Delia Owens

 

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Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur " la Fille des marais " de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. À l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

En quelques mots :

Dans les marais, une enfant abandonnée apprend à survivre là où les hommes échouent à aimer. Entre  oiseaux, coquillages, plumes, marées, on ressent une solitude bienfaisante. Delia Owens signe un roman d’une beauté sauvage qui m’a transcendée jusqu’aux dernières lignes. Une histoire où la nature respire, où le silence hurle, et où le cœur finit par chavirer.

En beaucoup plus de mots :

Avant même de vous parler de ce roman envoûtant, je pense qu’il est nécessaire, pour une fois, de vous parler un peu de son autrice, Delia Owens. Car au-delà d’être écrivaine, elle est aussi zoologiste et militante écologiste américaine. Avec son mari, elle s’installe en Afrique dans les années 70, voyage longuement avant de vivre au Botswana puis en Zambie, et fonde ensuite une organisation dédiée à la préservation de la faune sauvage. Tout ça pour dire une chose : la nature, elle la connaît. Elle l’étudie, la protège, l’observe. Et cela transpire dans chaque ligne de ce roman profondément ancré dans la faune et la flore.

Là où chantent les écrevisses mélange plusieurs genres avec une facilité déconcertante : du nature writing, du drame, du roman initiatique, mais aussi une enquête policière qui vient doucement s’immiscer dans le récit. Et moi qui, d’habitude, suis assez peu sensible aux longues descriptions de paysages, ici j’ai été fascinée. Jamais je ne me suis ennuyée. J’ai parcouru les marais auprès de Kya, senti le sable sous mes pieds, observé les oiseaux, les coquillages, les plumes, les marées. À certains moments, j’avais presque l’impression d’être de trop dans cette nature immense, comme si j’assistais en silence à quelque chose d’intime.

Mais au-delà de cette immersion incroyable, il y a surtout Kya et quelle héroïne.

Abandonnée par sa mère, puis par ses frères et sœurs, puis par son père… cette petite sauvageonne ne pourra compter que sur elle-même. Et pourtant, jamais elle ne sombre réellement. Elle porte une immense solitude, une certaine amertume évidemment, mais comment lui en vouloir ? J’ai eu le cœur serré à de nombreuses reprises devant ce qu’elle endure. Et j’ai trouvé très beau que ceux qui lui tendent la main soient justement ceux qui connaissent eux aussi le rejet et la ségrégation. Car Kya n’est pas différente. Pas réellement. Mais pour les habitants de Barkley Cove, elle restera toujours “la fille des marais”, la va-nu-pieds, celle qu’on regarde de loin comme une créature étrange.

Des mains tendues, elle en aura peu. Mais lorsqu’elles apparaissent, elles sont sincères, fermes, réconfortantes. Elles lui permettent simplement de survivre.

Et puis il y a cette écriture… douce, contemplative, presque poétique. Delia Owens insère dans son récit des poèmes magnifiques qui renforcent encore cette sensation de solitude et de communion avec la nature. Une plume, une feuille, un coquillage deviennent des trésors. Kya grandit, apprend, aime, souffre. Elle devient une femme reconnue dans un monde qui pourtant continue de la rejeter. Une femme qui restera toujours un peu enfermée dans son propre univers parce qu’elle n’a jamais réellement été acceptée par les autres.

Et au milieu de tout cela, il y a cette enquête pour meurtre. C'est le fil conducteur qui chapitre par chapitre a embrouillé mon esprit, ne sachant qui croire, sur qui compter. Kya devient rapidement la cible idéale, seule contre tous. Heureusement, les quelques mains tendues sont encore là pour l’empêcher de sombrer totalement.

Il faudra attendre les dernières lignes pour connaitre une vérité qui m'a serré le cœur, qui m'ont subjugué, qui m'ont touché au plus profond de moi. J’ai refermé ce roman avec une seule envie : remercier Delia Owens. Merci de m’avoir emmenée si loin. Merci de m’avoir fait ressentir autant d’émotions. Merci d’avoir pris le temps de raconter cette histoire avec autant de délicatesse. D’avoir gravé dans mon esprit des images à la fois douces, sauvages et profondément humaines. Un coup de cœur incontestable pour ce roman intemporel.

Commentaires

  1. J'ai adoré le film ♥ D'ordinaire, je n'aime pas faire dans ce sens, mais si le roman croise mon chemin, il y a peu de chance que j'y résiste ! On sent qu'il t'a beaucoup marqué.

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