Reykjavík - Ragnar Jónasson et Katrín Jakobsdottír

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/551/551564/200_0/couv74870163.jpgReykjavík - Ragnar Jónasson et Katrín Jakobsdottír

Islande. Août 1956, une jeune adolescente de quinze ans disparaît sans laisser de traces sur une petite île au large de Reykjavík. Trente ans plus tard, l'Islande n'est plus la petite nation timide de l'après-guerre et se prépare à recevoir un grand sommet réunissant les USA et l'Union soviétique. Mais aucun Islandais n'a oublié cette énigme, jamais résolue.
Alors que Reykjavík s'apprête à fêter son 200e anniversaire, un jeune journaliste décide de remonter aux sources de cette mystérieuse affaire - aux conséquences imprévisibles.


Lu dans le cadre du BC de juin 2026 - Thème choisi : une île

En quelques mots :

Malgré une intrigue prometteuse, c'est un flop. Trop lent, trop répétitif  avec des personnages peu nuancés, le tout annihile la tension annoncée. Même les idées de fond  sont réchauffées et manquent de clarté pour marquer durablement. Au final, cette lecture me laisse surtout l’impression d’un hommage à Agatha Christie trop insipide et trop maladroit pour être réellement convaincant.

En beaucoup plus de mots :

Avant même de parler du livre en lui-même, il faut savoir que Ragnar Jónasson est un auteur islandais de romans policiers, notamment connu pour avoir traduit Agatha Christie en islandais, tandis que Katrín Jakobsdóttir n’est autre que l’ancienne Première ministre islandaise. Tous deux présentent ce roman comme un hommage à la reine du polar. Réussite ou non ? Mon cœur balance clairement vers un échec.

En 1956, Lára, quinze ans, disparaît de Videy, une petite île au large de Reykjavík où elle travaillait pour l’été dans la seule maison habitée de l’île. Le couple qui l’emploie, dont le mari est un éminent avocat, affirme qu’elle est simplement partie avec ses affaires. Mais aucun corps ne sera jamais retrouvé. Une enquête est ouverte, un enquêteur envoyé sur place avant d’être rapidement stoppé dans ses investigations par sa propre hiérarchie. Puis le temps passe. Trente ans plus tard, un jeune journaliste va tenter de découvrir la vérité… ou du moins une partie de celle-ci. Car lorsque le pouvoir est impliqué, mieux vaut parfois garder le silence.

Les auteurs nous proposent ainsi une galerie de personnages divisés en deux camps : ceux qui veulent faire éclater la vérité mais qui finissent le plus souvent réduits au silence, et ceux qui manipulent dans l’ombre pour préserver leurs intérêts. C'est manichéen, sans subtilité, sans émotion, sans effusion, sans grande démonstration. Une fadeur comme le style utilisé d'ailleurs.

Vous l'aurez compris je n’ai pas été sensible à ce roman. J’ai trouvé la première partie particulièrement longue. Pendant des dizaines de pages, que dire des centaines, on ressasse la même histoire, les mêmes photographies, les mêmes interrogatoires, les mêmes suppositions. Cette redondance a fini par m’ennuyer profondément.

Puis arrive Valur, jeune journaliste en quête de reconnaissance, qui commence à découvrir de nouveaux indices. Et c’est là, paradoxalement, que le roman m’a encore plus agacée. Au lieu de lui donner un nouveau souffle, la construction va devenir encore plus bancale.  Parce que ces fameux indices arrivent grâce à un corbeau qui transmet les informations au compte-gouttes, et je n’ai jamais trouvé cela réellement crédible. Pourquoi maintenant ? Pourquoi attendre trente ans ? Même si l’idée de culpabilité et du poids des non-dits peut s’entendre, j’ai trouvé que cela ne tenait pas vraiment la route.

Seule à sortir son épingle du jeu, Sunna, la sœur de Valur qui va l’aider dans son enquête, est sans aucun doute le personnage le plus travaillé du roman. On sent immédiatement qu’un lien plus fort existe avec elle, comme si les auteurs s’étaient davantage identifiés à ce personnage qu’aux autres. C’est d’ailleurs grâce à elle que le dernier tiers du roman devient un peu plus immersif.

J’ai aussi été frappée par le fait que l’intrigue se déroule dans les années 1980 sans que cela ne se ressente jamais réellement. Ni Reykjavík ni l’époque ne dégagent ici une atmosphère particulière. Tout paraît lisse, neutre, presque désincarné. Il n’y a ni vraie ambiance urbaine avec seulement quelques marqueurs temporels insuffisamment forts pour donner de l’épaisseur au récit. C’est d’autant plus regrettable qu’un tel cadre aurait pu apporter une vraie singularité au roman, là où il reste finalement très aseptisé.

Il est évident qu’à travers ce récit, Katrín Jakobsdóttir cherche aussi à dénoncer la corruption, les sphères élitistes au pouvoir, ces personnes influentes qui préfèrent protéger leur position plutôt que des vies humaines. Mais là encore, j’ai trouvé le propos assez flou, presque étouffé par le reste du récit.

Je n’ai donc pas vraiment apprécié cette lecture. Je l’ai trouvée sans rythme, avec des révélations qui tombent parfois comme un cheveu sur la soupe, des personnages détachés de la réalité et trop peu d’interactions fortes entre eux.

Et quitte à choisir un hommage à Agatha Christie, je crois que je préfère encore relire une enquête d’Hercule Poirot plutôt que cette succession de personnages menant chacun leur enquête sans jamais donner une vraie cohérence à l’ensemble.

Commentaires

  1. Dommage, le pitch était prometteur, pourtant...
    Tu as raison, il vaut toujours mieux relire un Agatha Christie ^^

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    1. Oui il l'était... maintenant si tu as suivi un peu le BC de ce we, les avis sont très tranchés, soit les lecteurs ont adorés leur lecture, soit ils ont détesté comme moi, je n'ai pas vu de juste milieu.
      Et oui, je crois que je vais m'en faire un cet été et je penche pour les quatre.

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