Voyage au centre de la Terre – Jules Verne

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/493/493629/200_0/couv56149267.jpgVoyage au centre de la terre - Jules Verne

Dans la petite maison du vieux quartier de Hambourg où Axel, jeune homme assez timoré, travaille avec son oncle, l'irascible professeur Lidenbrock, géologue et minéralogiste, dont il aime la pupille, la charmante Graüben, l'ordre des choses est soudain bouleversé.
Dans un vieux manuscrit, Lidenbrock trouve un cryptogramme : Arne Saknussemm, célèbre savant islandais du XVIe siècle, y révèle que par la cheminée du cratère du Sneffels, volcan éteint d'Islande, il a pénétré jusqu'au centre de la Terre ! Lidenbrock s'enflamme aussitôt et part avec Axel pour l'Islande où, accompagnés du guide Hans, aussi flegmatique que son maître est bouillant, ils s'engouffrent dans les mystérieuses profondeurs du volcan...



En quelques mots :

Entre volcans, galeries souterraines et découvertes géologiques, ce roman demeure un grand classique de l'aventure. Une lecture divertissante même si  je reste encore en marge de l'enthousiasme qu'il a suscité.

En beaucoup plus de mots :

Après la lecture de ce roman, je pense que je ne suis tout simplement pas une adepte de Jules Verne, pourtant au combien reconnu. Après ma très grande déception avec Le Tour du monde en quatre-vingts jours, que j'avais abandonné, j'ai voulu lui redonner une chance à cet auteur en choisissant Voyage au centre de la Terre. C'était un peu mieux puisque cette fois-ci je suis allée jusqu'au bout, mais je reste encore à distance de l'engouement que suscitent ses romans.

Je lui adresse d'ailleurs le même reproche que pour ma précédente lecture : je n'apprécie pas la manière dont Jules Verne traite les personnages féminins. Heureusement, ici, ils occupent très peu de place et cela ne dure que quelques pages. C'est un détail, mais je n'arrive pas à faire autrement.

Je m'attendais également à une succession de longues descriptions hydrogéologiques. Plusieurs lecteurs m'avaient dit que Vingt mille lieues sous les mers regorgeait d'explications scientifiques, je pensais donc retrouver la même chose ici. Finalement, ce ne fut pas le cas. Les connaissances géologiques, minéralogiques ou paléontologiques sont bien présentes, mais elles restent suffisamment intégrées à l'aventure pour ne pas casser complètement le rythme. Je dois d'ailleurs reconnaître que j'ai été impressionnée par la culture générale de Jules Verne qui distille naturellement tout au long de son récit.

Lorsque j'ai commencé ma lecture, je pensais connaître l'histoire. En réalité, mon cerveau avait complètement mélangé ce que je pense être un mixte entre ce roman et Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle, que je n'ai pourtant jamais lu. Il faudra d'ailleurs que je répare cette erreur un jour.

L'un des avantages de ce roman est que nous suivons principalement trois personnages masculins, accompagnés de quelques personnages secondaires, dont deux femmes qui, au final, n'apportent pas grand-chose à l'intrigue.

Le professeur Otto Lidenbrock, tout d'abord. Très imbu de sa personne au début du récit, il m'a immédiatement fait penser au savant fou : celui qui n'écoute personne, vit uniquement pour ses recherches et devient obsédé par sa découverte. Assez désagréable au premier abord, c'est pourtant le personnage qui évolue le plus au fil de cette expédition.

Vient ensuite Axel, son neveu, contraint de suivre son oncle dans ces périgrinations alors qu'il n'en a absolument aucune envie. J'ai particulièrement aimé le passage où il se retrouve seul dans les profondeurs, plongé dans une obscurité totale. J'ai ressenti avec lui cette angoisse grandissante, cette impression d'étouffer, cette claustrophobie qui s'installe peu à peu. Ses réflexions sur la vie, sur la mort et sur son désir de survivre sont parmi les passages qui m'ont le plus marquée. Narrateur de l'histoire, il reste humble en toutes circonstances et constitue finalement le véritable pilier émotionnel du groupe.

Enfin, il y a Hans Bjelke. Je me suis amusée à me l'imaginer comme un véritable ours des cavernes. Taciturne, taiseux, impassible, toujours prêt à avancer sans se plaindre, il accompagne le professeur avec un calme démeusuré. J'aurais simplement aimé que Jules Verne nous ouvre davantage les portes de son esprit, car ce personnage conserve jusqu'au bout une grande part de mystère.

L'aventure conserve un rythme plutôt agréable. Les difficultés s'enchaînent, les paysages souterrains sont parfois impressionnants et certaines scènes possèdent encore aujourd'hui un véritable pouvoir d'évocation. Même si je ne peux pas dire que cette lecture m'a passionnée, elle reste divertissante et témoigne surtout d'une imagination remarquable pour l'époque.

En revanche, j'ai trouvé la conclusion assez expéditive : tout est bien qui finit bien, chacun retrouve gloire et reconnaissance. J'aurais aimé que Jules Verne pousse un peu plus loin les conséquences de cette incroyable découverte. Je me suis même surprise à imaginer une sorte de phénomène touristique autour du volcan ou une véritable révolution scientifique provoquée par cette expédition. Mais ce roman écrit en 1864 n'était sans doute pas dans l'air du temps puisque les voyages étaient réservés à l'élite.

Je lirai certainement un autre roman de Jules Verne un jour, simplement pour élargir ma vision de son œuvre. Même si j'ai l'impression que son schéma narratif reste assez similaire d'un livre à l'autre, je suis curieuse de découvrir si un autre de ses récits parviendra enfin à me convaincre pleinement.

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