La compagnie des Glaces, Tome 1 - Georges-Jean Arnaud

Auteur : Georges-Jean Arnaud
Éditions : Fleuve Noir
Genre : Science-fiction
Date de publication originale : 1980
Pages : 278

   "Lien Rag attendit près d'une heure d'être reçu par le lieutenant de la sécurité."

Synopsis :

 Sur une Terre envahie par les glaces, la survie humaine est assumée par les grandes Compagnies Ferroviaires qui se partagent le globe. On trouve aussi bien un train-hôpital qu'un train usine et le rail apporte chaleur, nourriture, mais aussi dictature impitoyable. Lien Rag, le héros de cette saga, qui va se développer le long de nombreux volumes, découvre dans ce premier tome l'ivresse dangereuse de la révolte.

Ce que j'en ai pensé :

La série, ou devrais-je dire la SAGA : La compagnie des glaces est classifiée dans la catégorie SF Anticipation, ici pas d'extraterrestres, pas de voyage dans le temps. L'histoire se situe dans un futur où la Terre a subi un refroidissement climatique et est entrée dans une nouvelle ère glacière.
La Compagnie des glaces, ce n'est pas moins de 64 volumes de plus de 180 pages chacun, c'est sans doute le cycle romanesque le plus long de toute l'histoire de la SF ! Je remercie Antoine, grand fan de cette série, de m'avoir fait découvrir de nouveaux horizons.

Le monde est donc recouvert de glace, la population a du s'adapter au froid (en moyenne -50°C), les villes que nous connaissons actuellement ont disparues sous des centaines de mètres de neige. La population a du se réorganiser. Plus d'avions, plus de voitures, tout passe par le rail. Le monde se divise en plusieurs compagnies ferroviaires : la Panaméricaine, la Sibérienne, la Transeuropéenne et sans doute d'autres dont je ne connais pas encore les noms. Ces compagnies se font la guerre, pour agrandir leur territoire, avoir plus de rails pour accéder à plus de ressources que se soit nourriture ou/et énergétique. Pour ne pas mourir de froid, il faut dépenser énormément d'énergie, les villes fixes n'existent plus, elles sont désormais roulantes sur plusieurs voies parallèles pouvant aller jusqu'au nombre impressionnant de 100. Seuls points fixes, les globes, sortent de gare où le commerce se fait maitre : échange de denrées, d'énergie ou de plaisir.

Le roman est centré sur Lien Rag, glaciologue, qui mène des campagnes scientifiques le long des voies férrées pour évaluer le manteau neigeux. Ce personnage va vite être embarqué plus loin qu'il ne l'aurait imaginé au début de ses recherches, il va se retrouver au centre d'un complot mené par la compagnie Transeuropéenne et pas ses détracteurs qui veulent s'emparer du pouvoir pour imposer leur dictature.

Lien Rag va faire de nombreuses rencontres lors de son expédition. Des personnages que l'on va détester ou au contraire adorer. Parmi ceux-là, on va découvrir Flora Sadom, riche jeune femme nymphomane, fille du gouverneur de province, qui va l'aider dans sa quête de vérité, mais jusqu'où ira-t-elle sans sacrifier les gens qu'elle croit aimer ?
On découvre également Yeuse, danseuse dans un train cabaret, d'une grande sensibilité, elle va aider Lien à s'enfuir pour lui donner une chance de découvrir la vérité.
On ne peut également pas passer à côté du lieutenant Skoll, qui toujours sur sa trace, va s'assurer que Lien ne se détourne pas de sa véritable mission.

Il y a également les Hommes roux : tout le mystère de ce premier tome tourne autour de ces personnages. L'auteur nous donne envie d'en savoir plus sur ces tribus : sont-ils des animaux qui ressemblent étrangement à des hommes ? ou des hommes qui se sont adaptés (ou que l'on a forcé à muter) pour s'adapter à cette nouvelle ère glacière ? Car les hommes roux (hommes, femmes, enfants) sont d'une grande robustesse et vivent quasi nus dans la neige.

Georges-Jean Arnaud nous propose donc une histoire avec beaucoup de rebondissements, qui au fur et à mesure que les pièces du puzzle se mettent en place arrive à capter l'intérêt du lecteur. Même si, je peux lui reprocher une écriture trop simple, une montagne de clichés typiquement masculins (excusez-nous qu'en tant que femmes, nous nous promenons pas en plein hiver nues sous un manteau de fourrure avec des cuissardes !!!!!), le manque de profondeur des sentiments (pas beaucoup d'état d'âme à la mort de ses amis), l'auteur arrive tout de même à nous donner envie de découvrir la suite, surtout que le retournement final est totalement inattendu.

Georges-Jean Arnaud nous propose donc un tableau politique, social intéressant où la Compagnie conserve les terres à l'état sauvage et dangereuse pour empêcher l'Homme voyageur d'être libre en dehors des rails et moi ça m'a donné envie de partir ...

Citations :

"- Tu te poses trop de questions pour être pleinement heureux."

"Cette fille ne connaissait pas le véritable danger. Elle suivait ses impulsions mais n'avait certainement jamais souffert ni de froid, ni de rien. Leur expédition risquait de tourner à la catastrophe."

"Il suffit que la Compagnie le décide pour que le courant soit coupé et que le froid mortel fasse les milliers de morts. Et dans le meilleur des cas, c'est le déplacement vers l'inconnu, la déportation. Mais sans violence, sans verser de sang. D'un seul coup, les villages, les villes ou les maisons isolés se mettent en route sans que les habitants sachent vers quel horizon nouveau, ils se dirigent. L'uniformité du monde, la glace, empêchent de regretter son ancien stationnement."

Le mot de la fin :

Un premier tome qui pose bien les bases de cette très mais très longue série. Le retournement final donne envie de découvrir la suite, mais j'ai parfois été dérangée par l'écriture et sur le misogyne de son auteur, mais certains personnages effacent ces petits détails.

***

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