Les orphelins de Varsovie - Kelly Rimmer
L'histoire vraie de l'adolescente qui a sauvé des milliers d'enfants
Varsovie, 1942. Depuis l’exécution de sa famille, Emilia, bientôt 14 ans, est obligée de vivre cachée sous une fausse identité. Quand elle surprend sa voisine et amie Sara en train d’aider des enfants à fuir le ghetto juif, elle fait sien ce combat. Là-bas, elle rencontre Roman, 16 ans. La révolte qui gronde dans le ghetto va entraîner les deux adolescents vers un destin qui les dépasse...
En quelques mots :
Une plongée dans le ghetto de Varsovie, portée par un contexte historique fort et une atmosphère oppressante. Si le roman rend hommage au courage et à la survie, je suis restée à distance des personnages et de l’écriture, qui m’ont empêchée d’être pleinement émue. Une lecture en demi-teinte, dont je retiendrai surtout l’ambiance plus que les visages.
En beaucoup plus de mot :
Je souhaite en préambule apporter une nuance importante par rapport au synopsis et à la mention figurant sur la couverture — « L’histoire vraie de l’adolescente qui a sauvé des milliers d’enfants ». Cette affirmation est à prendre avec beaucoup de précautions. Le sauvetage des enfants est bien évoqué dans le roman, mais il n’en constitue pas le cœur. L’adolescente que nous suivons n’aide qu’un seul enfant à passer, ponctuellement, tandis que le rôle central de ces sauvetages revient à une infirmière, Sara, personnage essentiel mais finalement assez peu présent dans le récit. L’histoire n’est clairement pas centrée sur elle, ce qui peut créer un décalage entre les attentes suscitées et le contenu réel du roman.
Voici donc un roman que j’avais très envie de lire, avant tout pour découvrir une partie de l’Histoire que je connaissais mal : le ghetto de Varsovie, son insurrection, la destruction méthodique de la ville, puis la prise de possession par la Russie dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Rien que pour ce sujet, ce livre avait toute mon attention.
L’histoire est racontée à travers le regard de deux adolescents, Emilia et Roman, confrontés à des horreurs bien trop grandes pour leur âge. Des événements qui les obligent à grandir trop vite et qui rappellent que l’âge ne protège ni de la violence du monde, ni de la nécessité de se battre pour ses idées, pour sa liberté, pour survivre. Et pourtant, malgré la force du contexte historique, je n’ai jamais réellement réussi à m’attacher à ces deux personnages. Je me suis souvent demandé si j'avais était plus jeune, ou moins vieille, comme vous préférez, mon ressenti aurait été différent, je pense sincèrement que oui. Non pas que je sois restée insensible à la misère extrême, à cette pauvreté violente qui prend à la gorge, à ces enfants mourant sur les trottoirs sous les yeux impuissants des passants, à ces morceaux de pain volés des mains glacées, à ces exfiltrations d’enfants organisées simplement pour leur donner une chance de vivre, il m'a manqué autre chose. Le courage incommensurable de ces hommes et de ces femmes est bien présent, puissant, bouleversant. Mais à travers le regard adolescent, une émotion m’a manqué et ne m'a jamais pleinement submergée.
Je n’ai pas non plus été convaincue par l’écriture de Kelly Rimmer. Cette façon de raconter dans le désordre, de semer des questions dont les réponses arrivent bien plus tard, donne parfois l’impression de faux rebondissements qui tombent à plat et cassent le rythme au lieu de le nourrir.
Comme souvent lorsque je lis un roman historique, j’ai complété ma lecture par des articles et des reportages, et c’est d’ailleurs un aspect que j’apprécie beaucoup dans ce genre de romans. L’autrice a néanmoins réussi à m’immerger dans l’atmosphère de Varsovie, dans cette ville détruite, dans cette peur constante, et c’est pour cela que je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre. Il y a aussi une évolution réelle des personnages, qu’ils soient adultes ou enfants, et cela mérite d’être souligné. La rage, la colère qui gronde et puis l'apaisement triste, l'impuissance pour un mieux pour rester et aimer ce qui sont rester.
Au final, Les Orphelins de Varsovie restera pour moi une lecture en demi-teinte : un contexte historique fort, une ambiance marquante, mais des personnages principaux qui m’ont laissée à distance et m’ont quelque peu déçue. Je garderai sans doute en mémoire l’atmosphère et les événements, plus que les visages d’Emilia et de Roman.
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