Rencontre avec Martin Michaud

J'avais rendez-vous la semaine dernière pour une nouvelle rencontre d'auteur grâce à Babelio (que je remercie encore grandement de l'organisation dont ils font preuve à chaque fois). Après avoir lu le livre Violence à l'origine, j'allais pouvoir découvrir qui se cachait derrière ce titre et entendre son auteur : Martin Michaud parler de ces différents ouvrages.

Malheureusement pour moi, les bouchons ne m'ont pas permis d'arriver à l'heure et cette fois-ci c'est avec une demi-heure de retard que j'ai commencé la rencontre.

On ne se déconcentre pas, (on ne fait pas de bruit pour ceux qui sont arrivés à l'heure !!!) et on écoute sagement. voici donc ce qui a été dit lors de cette rencontre écourtée, j'espère que vous apprécierai ce condensé.

Je fais tout mon possible pour en pas mettre trop de spoilers !!!


Martin Michaud : Entre l'ombre et la lumière.

Lorsque j'arrive, le débat est lancé sur le lecteur qui est amené par sa lecture à se poser la question suivante : est-il possible de faire le mal en croyant faire le bien ? Pour Matin Michaud qui c'est lui même posé la question, a fait son possible pour rendre le tueur sympathique aux yeux du lecteur.
Que n'avez pas-t-il dit à ce moment là ? Une personne outrée dans l'audience interrompt le cours de la conversation pour dire horrifiée qu'on ne peut pas faire justice soi-même.
La question qui se pose ensuite, c'est peut-on accepter de laisser une personne faire du mal, si en réalité, cette personne venge des victimes innocentes. Martin Michaud affirme que Lessard, le personnage principal du roman, n'est pas une personne parfaite, il n'a peut être pas eu le bon geste au bon moment avec sa part de doute : ce n'est certainement pas un super héro, il n'est pas infaillible. Pourquoi avoir voulu que Lessard ait un moment de faiblesse, Martin Michaud étaye cette réflexion par le fait que dans chacun de ces personnages, il y a une part de lui même : un écrivain reste 15 heure par jour derrière son écran et créer des personnages, c'est un peu parler avec soi-même. Il y a donc une part de l'auteur, en chacun d'eux, en bien ou en mal, qui peut dire qu'elle est sa propre part d'ombre et sa propre part de lumière ? A-t-on un potentiel de violence à la naissance ? Personne n'est à l'abri de poser un geste violent quand les circonstances l'imposent. C'est à partir de ce constat que Martin Michaud a rédigé son livre.
Pour chacun de ces romans, Martin Michaud se pose une ou des questions qui lui tiennent à cœur et essaye de l'approfondir pour en faire le fil rouge de ces histoires.

Martin Michaud : Philosophe ou simple curieux

Martin Michaud affirme qu'il n'est pas plus intéressé par la philosophie qu'un étudiant découvrant cette matière lors de son parcours scolaire. Cependant, pour écrire ce roman, il a travaillé sur de vieux textes de Freud et de Nietzche en collaboration avec un professeur de philosophie qu'il a rencontré lors de ces entrainement de hockey. Pour lui, chaque roman lui permet d'acquérir des connaissances et ce roman lui a permis d'en découvrir de nouvelles. C'est lors de ces rencontres avec ce professeur qu'ils ont construit ensemble la rhétorique tordue du Père Noël. C'est au fil de ces discussions qu'il a su qu'il tenait l'ADN de son personnage. Il a put ensuite créer cette pièce noire qui est souvent évoquée dans le roman, car pour lui, cette pièce existe en chacun de nous même si nous ne souhaitons pas la sublimer. Les réflexions philosophiques que l'on retrouve à plusieurs endroits du roman ont été introduites dans le texte post écriture de la trame principale du roman, afin d'être écrites d'une seule traite et d'assurer sa cohérence entre les différents épisodes.

Martin Michaud : Guide touristique de la Ville de Montréal

Pour Martin Michaud, il faut que la ville de Montréal soit un personnage à part entière. Pour que ses habitants reconnaissent la ville dans laquelle ils évoluent et pour ceux qui ne la connaissent pas découvre une ville qui est capable du meilleur comme du pire comme par exemple d'un point de vue architectural. Les romans qu'il écrit se situent dans des quartiers qu'il connait et il n'aime pas écrire sur des lieux qu'il ne maîtrise pas car il l'a l'impression que de faire du repérage se sent lors de sa rédaction. Camper l'histoire dans un décor réaliste, c'est ce qu'il préfère et lorsque les besoins de l'enquête l'emmène à déplacer son personnage ailleurs, il choisi toujours, dans un souci de réalisme, un environnement connu.

Matin Michaud : Père de Lessard

Martin Michaud avant d'être un auteur reconnu a travaillé en tant qu'avocat d'affaire pendant 20 ans. Durant cette période, il a écrit deux romans qui furent refusés par toutes les maisons d'éditons. Sa volonté était de raconter des histoires aux autres mais en réalité il se raconter des histoires à lui-même, je ne suis qu'un avocat, père de famille et pas un écrivain.
Un jour malheureux, Martin Michaud a grillé son ordinateur, il a tout perdu que ça soit professionnel ou privé, dans une veine tentative de récupérer des fichiers, il donne son ordinateur à un technicien sui finalement lui aura récupérer seulement 15 dossiers : 14 sur de vieilles affaires sans plus aucun intérêt et un dossier, ou au fur et à meure, il avait écrit à la hâte des idées de livres. où il voit le nom de Victor Lessard : pourquoi ce nom ? Il n'en a aucune idée.
Mais c'est pour lui un signe, lui rappelant qu'il doit écrire une histoire, même si de nombreux doute l'assailles, il écrit au fur et à mesure "Silence dans l'ascenseur". Dans ce premier livre, où on rencontre pour la première fois Victor Lessard, on découvre un personnage qui a des failles, mais Martin Michaud, ne voulais pas en parler lors de ce roman et il a gardé certains éléments pour plus tard. Victor Lessard était né et allait se découvrir un peu plus à chaque roman. Violence à l'origine est-il le dernier tome des aventures de Victor Lessard ? La fin du roman n'est pas forcément une porte ouverte, mais une chose est sûre, il apparaitra encore dans son prochain roman.

Martin Michaud : écrivain entre deux cultures ou plus

La presse évoque les romans de Martin Michaud comme étant des thriller à l'américaine. Cependant, il avoue être influencé par les écrivains nordiques. Martin Michaud accorde beaucoup d'importance aux étiquettes qu'on lui appose. Mais pour lui, une seule vérité, c'est que ce qui réunit les polars d'origine différente, c'est qu'on y raconte une bonne histoire. Est ce que ça se voit dans son écriture qu'il est de deux cultures différentes ? il répond en disant qu'il n'a pas assez de recul pour le dire. Il est cependant assez d'accord avec le fait que l'on peut qualifier ces romans de thriller à l'américaine, car il essaye de faire en sorte que ces personnages vont se révéler par leur actes plutôt que d'expliquer sur plusieurs pages leur généalogie. (C'est comme ça que son perçu les auteurs français ?)


J'espère vous avoir fait partager un peu cette rencontre.

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