Purge - Sofi Oksanen

Auteur : Sofi Oksanen
Éditions : Stock (La cosmopolite)
Genre : Historique
Date de parution : 2010
Page : 395

  "Il faut que j'essaye d'écrire quelques mots, pour ne pas perdre la raison, pour garder l'esprit d'aplomb. Je cache mon cahier ici, sous le sol du cagibi. afin que personne ne le trouve, quand bien même on me trouverait, moi."

Synopsis :
En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.
Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.
Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ?
Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.
 
 
 
 
 
Ce que j'en ai pensé :
 
L'Estonie, petit pays situé sur la rive orientale de la mer Baltique. Un pays dont je ne connais rien sauf leur participation à l'eurovision !
 
Début des années 90. On y apprend les colis humanitaires, la télévision qui est le grand luxe, le pillage de ceux qui voudrait avoir un peu plus. C'était il y plus de 20 ans. J'en avais presque 10, je me goinfrais de gâteaux en regardant les cités d'or à la télé. Je ne rêvais que d'avoir un élastique orange pour jouer dans la cour de récréation car les autres en avaient des jaunes ou des verts. J'apprends que là bas, juste un élastique dans une robe, c'est du plus chic. Une époque, deux endroits pas si éloignés seulement 2500 km... et pourtant deux mondes. Zara, elle a une vingtaine d'années et ne rêve que de passer la frontière pour se réfugier en Finlande et commencer une nouvelle vie.
 
Bon, il faut le dire, ce n'est pas très gai comme histoire. Le roman alterne à la fois du point vue celui de Zara, celui de Aliide et celui de Hans et à la fois d'époque, on remonte le temps jusque dans les années 40 quand Aliide avait elle aussi une vingtaine d'années. Le fait de passer d'une époque à l'autre ralenti tle rythme de lecture, mais l'auteur arrive toutefois à piquer notre intérêt et on se retrouve dans cette petite maison de campagne entouré de cornichons, de betteraves et de raifort. Sur toile de fond du nazisme et du communisme, deux époques différentes et cependant...
 
L'auteur se s'embarrasse pas de détails. nous raconte l'histoire de Zara : les passages sur la prostitution sont extrêmement durs mais cependant écrits avec une certaine retenue et fragilité ce qui m'a permis de ne pas m'arrêter car ce n'est pas un thème que j'affectionne à lire. Mais que cherche-t-elle vraiment, quelle est son histoire, quel sera son avenir ? Toutes ces questions, je me les ai posées. Je n'ai pas trouvé toutes les réponses...
 
Quand à Aliide, ce personnage est très complexe et il m'a fallu du temps pour m'en faire ma propre opinion : Aliide n'a t elle fait que de mauvais choix dans sa vie ? A-t-on le droit de la juger pour ces choix qui n'étaient peut-être que des non choix ? Des choix pour être reconnue, pour exister en tant que femme et non pas faire semblant d'exister à travers sa sœur. Et sa sœur avait-elle le choix, elle aussi ? Elle a eu le choix de ses sentiments, de sa vie. Qui suis-je pour juger l'une ou l'autre ? Moi qui n'ai pas connu cette époque, ce pays, cette vie. Mais plus l'histoire avance, plus je me convaincs que Aliide est puérile et obsessionnelle, elle est totalement déconnectée de la réalité, du bien et du mal, elle n'agit qu'avec ses instincts primaires et bestiales.
 
Il y a également Hans, combattant, rêveur, malheureux, incompris, comment a-t-il pu accepter de vivre ça ? Lui aussi est complétement déconnecté, il vit dans son passé, refuse d'avancer, je ne me permettrais pas de lui conseiller de capituler, mais au moins de résister, d'aimer, de chercher, de s'absoudre...
 
C'est finalement un livre pas si facile à lire. Une chronologie avec des sauts dans le temps. Une écriture saccadée et intrusive, c'est difficile à expliquer et je n'arrive toujours pas à trouver les mots, mais c'est le sentiment que j'en ai : je suis sorti de ma zone de confort en poursuivant ce livre. Cette histoire est relativement dérangeante quand on pense aux choix faits, aux décisions prises, à la façon sont on veut vivre sa vie ou tout simplement survivre.
 
Puis, on arrive à la fin du livre, toutes mes questions n'ont pas trouvé réponse et la dernière partie est totalement obscure pour moi, je n'ai pas compris les rapports top secret (si quelqu'un à la gentillesse de m'expliquer ?). Finalement il s'agit d'une tranche de vie, où on n'a pas appris grand chose de ce pays, mais on a vécu le temps d'une après-midi à cette époque et c'est pour moi suffisant.
 
Citations :
 
"Une fille aussi sotte mérite d'être battue pour son bégaiement, pour sa confusion, pour sa mauvaise odeur, une fille aussi sotte mérite même d'être noyée dans le lavabo, tellement est désespérément sotte et désespérément laide."
 
"Elle ne pourrait rien raconter sur l'endroit où elle-même avait grandi, et sa mère, et la mère de sa mère, et la mère de la mère de sa mère. Elle ne transmettrait pas non plus son histoire, [...], toutes celles sur lesquelles elle avait grandi. Quel genre d'adulte pourrait-il devenir, un enfant qui n'aurait pas d'histoires en commun avec sa mère, pas d'anecdotes communes, pas de blagues ? Comment être mère, quand il n'y avait personne à qui demander conseil, comment ça pourrait marcher dans une situation pareille ?"
 
Le mot de la fin :
 
Un livre dur, un livre sur les choix de vie et plus particulièrement les non choix, sur l'envie d'exister aux yeux des autres, sur l'envie d'exister pour se sentir vivre. Mais ce livre ne répond pas à toutes les questions que l'on se pose ou que je me suis posée lors de ma lecture. Un livre sans aucun doute poignant mais qui ne m'a pas séduite, je me suis senti aucunement proche des personnages mais je ne les juge pas, je ne les connais pas...
 
***
 
 
 

Commentaires

  1. Difficile d'apprécier une lecture qui nous laisse sur notre faim ...

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    1. Je pense, en effet, que si la fin avait été différente, j'aurais surement surévaluer ma note ...

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