L'invention d'Eva - Alessandro Barbaglia
L'invention d'Eva - Alessandro Barbaglia
Star d'Hollywood, Hedy Lamarr invente le saut de fréquences, communication sans fil à l'origine du Wi-Fi. Quand elle apporte son invention à la Marine américaine, personne ne la prend au sérieux. Le narrateur découvre son existence par quelques mots prononcés par sa soeur cadette, surdouée confinée dans un établissement psychiatrique, et dresse un parallèle entre ces deux êtres exceptionnels
En quelques mots :
Une lecture qui m’a laissée sur le côté. Une construction confuse, un “tu” pesant et un parallèle sans intérêt… mais Hedy Lamarr sauve le reste ou presque. Fascinante, brillante, trop méconnue, mais aussi insupportable et trop exubérante. Au final, un roman jamais à la hauteur de son sujet.
En beaucoup plus de mots :
Je n’avais pas réussi à caser un livre pour le mois de mars au féminin… et j’ai réussi in extremis avec ce roman. Malheureusement pour moi, je ne suis pas convaincue par cette lecture.
Pendant longtemps, j’ai cru que l’auteur cherchait à expier une culpabilité personnelle, en créant un parallèle entre le cas désespéré de sa sœur internée et celui de Hedy Lamarr. Je me suis accrochée à cette idée, essayant de comprendre où il voulait m’emmener jusqu’aux remerciements et là… tout s’effondre. La partie personnelle n’est qu’invention : je suis encore moins convaincue par la construction du roman.
Donc en fait, l'auteur ne parle pas vraiment de sa sœur folle. Alors quel intérêt ? Est-ce pour combler des pages inexistantes pour ce roman qui est déjà très court ? Je suis déçue. Sans compter sur le fait que ce roman croise deux récits et par conséquent deux genres… qui, à mon sens, ne fonctionnent pas ensemble.
S'ajoute à cela le choix de narration à la deuxième personne du singulier… ce “tu” omniprésent… qui alourdit considérablement ma lecture. Non, je suis complètement passée à côté.
Et pourtant… je suis contente de l’avoir lu parce qu’il y a Hedy Lamarr et c’est finalement elle qui m’a intéressée.
Jeune femme au caractère bien trempé, issue de la bourgeoisie juive austro-hongroise, elle prend très tôt conscience de sa beauté et va tout faire pour la mettre en avant. Jusqu’à devenir une star, notamment avec Extase, premier film à montrer un nu féminin (déjà tout un scandale) et une scène d’orgasme à l’écran (plus scandaleux encore) surtout compte tenu de son âge 18 ans à peine.
Mais Hedy Lamarr, ce n’est pas que ça. Derrière l’icône glamour, derrière l’érotisme, il y a un cerveau. Un esprit brillant qui, malheureusement, ne sera jamais reconnu à la hauteur de ses capacités. Bon cette femme était aussi extrêmement capricieuse, il faut se le dire.
Révoltée par la guerre (en particulier les navires et sous-marins, coulés par l'armée allemande lors de la seconde guerre mondiale), elle met au point un système de saut de fréquence ce qui aurait permis de connaitre la position des ennemis. Bien plus tard, cette technologie sera utilisée pour le Wi-Fi et le GPS. Une avancée majeure… ignorée à l’époque, car elle est une femme mais surtout parce qu'elle est l'incarnation de l'orgasme féminin.
Elle poursuivra donc sa carrière d’actrice, avec cette image qui lui colle à la peau.
J'ai été frustrée parce qu’il y avait là une matière incroyable pour développer ce personnage, y mettre de l'émotion, de la colère, de l'émancipation, de la science, de l'envie, du pouvoir, de la domination. Un roman qui aurait pu être tellement plus immersif, plus fort, plus émouvant… mais qui, pour moi, est gâché par un parallèle inintéressant et une construction maladroite.
Au final, il ne m'en reste rien ou presque.![]()
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