Sous le ciel de Novgorod — Régine Deforges
Il était une fois une princesse russe nommée Anne; elle épousa un roi de France, Henri. C'était il y a fort longtemps: en 1051...
En quelques mots :
Une princesse russe, un roi, des intrigues, des amours contrariées et un royaume où religion et pouvoir s’entremêlent : bienvenue au XIᵉ siècle !
Anne ne m’aura pas vraiment séduite, mais son entourage, lui, m’aura embarquée dans cette fresque médiévale pleine de passions et de violence.
Une lecture parfois déroutante, souvent cruelle, qui m’a surtout donné envie d'en savoir plus sur cette période.
En beaucoup plus de mots :
Ce livre m’a été prêté par une collègue qui m’a dit avoir adoré ce roman. Même si j’avais déjà lu un livre de Régine Deforges cette année, celui-ci est dans ma bibliothèque depuis trop longtemps et j’avoue que j’avais depuis pas mal de temps envie de découvrir cette histoire consacrée à Anne, princesse russe qui va être mariée à Henri Ier, roi de France. Une plongée dans un Moyen Âge que je connais finalement assez peu et qui avait donc tout pour m’intéresser surtout avec une quatrième de couverture aussi courte !!!!
J’avoue avoir été assez perturbée au début par le grand nombre de personnages annoncés et par cette succession rapide de scènes, comme si Régine Deforges écrivait en avance rapide. Les chapitres relativement courts augmentent encore ce sentiment et je trouvais que tout allait beaucoup trop vite, sans qu’on ait vraiment le temps de s’attacher ni aux lieux ni aux personnages. Heureusement, dès les épousailles et après une nuit de noces plutôt marquante (la pauvre fille !!!), le récit adopte un rythme bien plus plaisant et j’ai enfin eu l’impression de pouvoir m’installer dans cette histoire.
Guillaume le Conquérant, droit, profondément humain et incarnant un amour courtois et éternel ! Guillaume se partage entre sa femme qu'il aime et sa reine qu'il vénère, conduisant à des enjeux politiques passionnants. À travers lui, mais aussi à travers tous ceux qui gravitent autour de la couronne, Régine Deforges nous montre surtout un monde où les mariages, les héritages, la religion et les sentiments sont impossibles à dissocier.
Du côté de la couronne de France, la situation est tout aussi complexe. Henri Ier risque l’excommunication par le pape s’il n’épouse pas une femme suffisamment éloignée de sa lignée, hors de la septième génération qui l’entoure. Sa pédérastie est par ailleurs de notoriété publique, ce qui ne facilite évidemment pas les jeux de pouvoir. C’est dans ce contexte qu’Anne se retrouve mariée à cet homme qui la trouve sûrement la plus belle de son royaume. Il arrivera, non sans mal, à lui faire des enfants tout en continuant de lui préférer ses mignons.
On en apprend alors énormément sur cette époque médiévale. À ce moment de la dynastie capétienne, la France est encore un tout petit royaume (en bleu sur la carte ci-contre), bien loin de la puissance qu’elle deviendra par la suite. La succession d’Henri Ier est contestée et, pour pouvoir monter sur le trône, il a du se séparer de certains de ses duchés. C’est sans compter les tensions avec la puissante Normandie, menée par Guillaume le Conquérant, qui a d’ailleurs été mon personnage préféré dans cet ouvrage.
Guillaume le Conquérant, droit, profondément humain et incarnant un amour courtois et éternel ! Guillaume se partage entre sa femme qu'il aime et sa reine qu'il vénère, conduisant à des enjeux politiques passionnants. À travers lui, mais aussi à travers tous ceux qui gravitent autour de la couronne, Régine Deforges nous montre surtout un monde où les mariages, les héritages, la religion et les sentiments sont impossibles à dissocier.
Du côté de la couronne de France, la situation est tout aussi complexe. Henri Ier risque l’excommunication par le pape s’il n’épouse pas une femme suffisamment éloignée de sa lignée, hors de la septième génération qui l’entoure. Sa pédérastie est par ailleurs de notoriété publique, ce qui ne facilite évidemment pas les jeux de pouvoir. C’est dans ce contexte qu’Anne se retrouve mariée à cet homme qui la trouve sûrement la plus belle de son royaume. Il arrivera, non sans mal, à lui faire des enfants tout en continuant de lui préférer ses mignons.
Pour autant, Anne est une femme dont je n’ai pas particulièrement apprécié le caractère : elle ordonne même si elle ne se soumet pas et semble bien décidée à ne pas accepter docilement la place qu’on veut lui donner mais pas de la bonne manière pour moi. Je peux comprendre ce qui rend ce personnage intéressant, mais je ne me suis jamais vraiment attachée à elle, alors que certains de ceux qui l’entourent ont réussi à beaucoup plus me toucher.
J’ai surtout aimé les personnages secondaires qui gravitent autour du couple royal. Comment ne pas évoquer Philippe au destin incroyable, ou encore Olivier d’Arles, amant du roi par nécessité mais fou amoureux de sa reine, dont le destin m’aura particulièrement serré le cœur. Ce sont finalement ces personnages, leurs histoires et leurs choix qui m’ont le plus embarquée dans le roman.
Régine Deforges n’hésite d’ailleurs pas à nous montrer un Moyen Âge particulièrement violent, où la religion occupe une place centrale mais où les croyances, les superstitions et les pratiques les plus sombres côtoient la foi. La scène du sabbat est à ce titre particulièrement marquante, franchement abjecte et difficile à oublier. Âmes sensibles, s’abstenir : cette messe noire mêle orgie, enfant et meurtres dans une scène d’une violence assez sidérante, surtout dans un siècle où la chrétienté est pourtant reine.
Sans jamais avoir réussi à m’attacher à cette reine, j’avoue que j’aurais presque verser ma petite larme à la toute fin du roman, parce que ce que Régine Deforges a imaginé pour cette souveraine dont l’Histoire a finalement laissé si peu de traces donne envie d’en savoir davantage sur cette époque médiévale.
Cela tombe bien : j’ai La Chambre des dames de Jeanne Bourin depuis un bon moment dans ma pile à lire. Même si l’action s’y déroule près de deux siècles plus tard, ce livre m’a donné envie de l’en sortir enfin !
J’ai surtout aimé les personnages secondaires qui gravitent autour du couple royal. Comment ne pas évoquer Philippe au destin incroyable, ou encore Olivier d’Arles, amant du roi par nécessité mais fou amoureux de sa reine, dont le destin m’aura particulièrement serré le cœur. Ce sont finalement ces personnages, leurs histoires et leurs choix qui m’ont le plus embarquée dans le roman.
Régine Deforges n’hésite d’ailleurs pas à nous montrer un Moyen Âge particulièrement violent, où la religion occupe une place centrale mais où les croyances, les superstitions et les pratiques les plus sombres côtoient la foi. La scène du sabbat est à ce titre particulièrement marquante, franchement abjecte et difficile à oublier. Âmes sensibles, s’abstenir : cette messe noire mêle orgie, enfant et meurtres dans une scène d’une violence assez sidérante, surtout dans un siècle où la chrétienté est pourtant reine.
Sans jamais avoir réussi à m’attacher à cette reine, j’avoue que j’aurais presque verser ma petite larme à la toute fin du roman, parce que ce que Régine Deforges a imaginé pour cette souveraine dont l’Histoire a finalement laissé si peu de traces donne envie d’en savoir davantage sur cette époque médiévale.
Cela tombe bien : j’ai La Chambre des dames de Jeanne Bourin depuis un bon moment dans ma pile à lire. Même si l’action s’y déroule près de deux siècles plus tard, ce livre m’a donné envie de l’en sortir enfin !

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