La Petite Fille de monsieur Linh - Philippe Claudel

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/436/436271/200_0/couv26971793.jpgLa Petite Fille de monsieur Linh - Philippe Claudel

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

En quelques mots :

Un tout petit livre… et pourtant immense. Monsieur Linh, l’exil, la solitude, un lien fragile devenu essentiel… et une fin qui bouleverse tout. Une lecture douce, pudique, mais d’une puissance rare. Une vraie claque en quelques pages.

En beaucoup plus de mots :

Parfois, il y a de petits livres qui sont des grands. Des très grands.

Je me suis écartée de mes lectures dites “confort” pour découvrir ce roman d’un auteur que j’avais exploré il y a des années… et abandonné. Et quelle idée j’ai eue. Quelle claque.

J’ai tout lâché pour lui.

Et très vite, j’ai senti qu’un lien invisible se tissait entre Monsieur Linh et moi. Ce vieil homme, cet exilé, déraciné, loin de son pays, de sa vie, qui ne garde avec lui qu’une vieille valise défraîchie, un petit sac de terre, dernier fragment de chez lui et surtout sa petite fille.

Sa petite fille qu’il couve, qu’il adore, qu’il protège. Sa petite mangue verte… lui, le vieux manguier. Et ce symbole… m’a transpercée.

À des milliers de kilomètres, il découvre un monde qu’il ne comprend pas. La langue le sépare, l’isole. Mais parfois… il suffit d’un regard, d’un sourire, d’un geste. D’une présence. D’une discussion où personne ne comprend vraiment l’autre, et pourtant… tout passe. Un lien naît. Fragile en apparence. Indéfectible en réalité. Un lien qui dépasse les mots, qui touche à quelque chose de plus grand, de plus profond. Quelque chose d’humain. Brut.

Et puis il y a cette fin. Je ne l’ai pas vue venir. Ou peut-être que si. Peut-être que j’aurais pu. Mais je n’étais pas prête. Comme une lumière au bout du tunnel… qui vous explose en plein cœur.

Oh mon Dieu… mais que c’était fort.

En quelques pages, Philippe Claudel m’a prise à la gorge. Il m’a fait ressentir la perte, l’exil, l’amour inconditionnel, l’amitié, le désespoir, l’espoir… sans grands discours, sans artifices. Juste avec des silences, des gestes, des regards.

Et j’ai pleuré. Mais pleuré. Pas ces larmes discrètes qu’on essuie du revers de la main. Non. Celles qui montent sans prévenir, qui serrent la poitrine, qui submergent.

Ce genre de livre qu’on n’attend pas… et qui vous retourne complètement.

Un ovni. Un texte à fleur de peau. Une lecture qui bouscule, qui ébranle, qui reste.

Une révélation.

Un roman tout simplement puissant.

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