Daddy - Loup Durand

Auteur : Loup Durand
Edition : Pocket
Sortie : 1987
Genre : Policier
Pages : 440

Ma note : 16/20

Synopsis :

Le 18 septembre 1942, Thomas fête ses onze ans.
Caché dans le sud de la France, protégé par des gardes du corps, pourchassé par les nazis, il n'est pas un petit garçon comme les autres. Pour la Gestapo, il vaut 724 millions de marks. Une somme qui justifie qu'on lance à ses trousses une horde de chasseurs. A leur tête, le plus surprenant des policiers, Gregor Laëmmie, un professeur de philosophie revenu de tout. La traque infernale commence. Contre l'étrange Gregor Laëmmie, Thomas, avec son coeur d'enfant et son cerveau de génie, va jouer sa vie comme une extraordinaire partie d'échecs.
Un seul témoin à l'affrontement de ces deux formidables intelligences : un Américain bien tranquille qui est peut-être le père de Thomas. Peut-être...

Ce que j'en ai pensé :

En vacances chez ma mère, errant devant sa bibliothèque, cette dernière me dit "lit ça, c'est vraiment bien".
Daddy, le nom ne m'inspire pas trop, la couverture non plus.
Mais les premières pages me transportent.
Nous suivons en pleine seconde guerre mondiale, Thomas aux noms de famille multiples et Grégor Laemmle aux nationalités multiples, dans une partie d'échec grandeur nature, du sud de la France jusqu'en Allemagne, en passant par la Corrèze, Grenoble, Lyon, la Suisse.
Ce sont deux personnes très intelligents malgré leur différence d'âge. Thomas n'a que 11 ans et a été formé depuis son plus jeune âge à la dissimulation, à la réflexion, à l'anticipation : c'est un petit génie qui a la capacité de retenir des codes de coordonnées bancaires sur un nombre incalculable de pages. Ce n'est donc pas réellement un jeune garçon que l'on découvre mais une redoutable personne d'un point de vue stratégique même si souvent, sa jeunesse le rend très sensible ce qui m'a très souvent touchée. Laemmle, lui, est missionné pour à attraper Thomas pour lui faire dire ces codes bancaires que réclame Hitler.
Chacun avance ses pions, reines, rois, cavaliers et anticipent la réaction de l'autre pour pouvoir à son tour soit attaquer, soit se retirer.
J'ai trouvé plutôt judicieux ce jeu du chat et de la souris surtout que lorsque j'ai prête à m'ennuyer est rentré dans la partie, Quaterman. Américain, il a été contacté par la mère de Thomas en lui disant qu'il en était le père et que son fils était en danger (écris un peu comme ça, ça tombe comme un cheveux sur la soupe mais ce n'est pas vraiment le cas lorsque l'on lit le livre). Son arrivée permet de relancer le jeu à sa façon : cette personne est moins dans la réflexion mais plus dans l'action. Elles sont souvent très héroïques et cela équilibre le roman.
J'ai trouvé ce livre bien maîtrisé où se succèdent des moments d'actions coupés de moments plus calmes mais nécessaires pour l'élaboration des stratégies.
La guerre qui est le fond, la ligne directrice, n'est en fait pas très présente, ce qui est à mon avis très bien pour cette histoire, car ça ne plombe pas l'atmosphère qui est déjà tendue.

Ce qu'il me reste dans la tête :

Le premier piège de Laemmle qui conduit Thomas, sa mère et ses garde du corps à une tuerie organisée.
Le passage de la Frontière Suisse de Thomas derrière l'église qui va finalement être un échec.
Quaterman et son vol au dessus de la forêt noire allemande pour sauver Thomas.
L'évasion de Thomas dans les égouts, claustrophobe s'abstenir.
Laemmle sur le pont après le départ de Thomas et son doigt en l'air.

Citations :

"Et voilà, pense Thomas avec une immense amertume, voilà qu'on me parle encore de mon intelligence. Ah, c'est vraiment utile d'être intelligent, ça oui! On comprend peut-être un peu plus vite les choses, seulement, mieux et plus vite on les comprend et plus elles deviennent compliquées, et plus on est malheureux. Ah, c'est vraiment utile !"

"Je suis un mignon petit chien de chasse très rusé et très propre à qui l'on réclame de faire équipe avec un doberman parfaitement stupide, baveux, sale et qui ne sait rien faire d'autre que donner des grands coupes de dents à tout ce qui bouge - et l'Enfant roulera le gros chien dans la farine. Mais j'essaierai de n'être pas trop gêné par le doberman."




Récompenses :

Maisons de la presse - Roman - 1987





Le mot de la fin :

Une très bonne découverte qui frôle le coup de cœur. Ce roman mélange, actions, stratégie, délicatesse et interrogation. Un très bon policier, très bien écrit qui malgré son âge n'a pas pris une ride.

***

Un livre que ta mère aime



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