De pourpre et de soie - Mary Chamberlain

Auteur : Mary Chamberlain
Éditions : Préludes
Genre : Historique
Date de parution : 2016
Pages : format E-book 288 pages

  "Les rayons du soleil d'avril jouaient avec irrégularités de la soie noire, mer d'ébène et de jais, d'argent et d'ardoise."

Synopsis :
Quand Ada Vaughan commence à travailler dans un atelier de mode de Dover Street, la belle jeune femme rêve d'une carrière dans la haute couture, qui l'affranchirait de sa morne vie dans la maison familiale. Impossible alors de résister à l'énigmatique Stanislaus von Lieben, un gentleman qui, très vite, lui fait la cour et lui propose un voyage à Paris. Mais le matin de leur dernier jour en France, la nouvelle tombe : le Royaume-Uni et la France entrent en guerre.
Plongez dans les tourments d’une des périodes les plus sombres de l’Histoire.
De 1939 à 1948, de la splendeur du Savoy aux ombres de Dachau, entre passion, drame et espoir, Ada tentera de survivre à l’enfer. Dans la lignée des romans d’Antonhy Doerr ou de Victoria Hislop, porté par une écriture généreuse et déjà traduit dans 17 pays, De pourpre et de soie est un livre qu’on ne lâche pas jusqu’à son saisissant dénouement.




Ce que j'en ai pensé :

Tout d'abord "De pourpre et de soie" n'est pas un livre historique tel que je les apprécie d'ordinaire. Ce n'est pas l'histoire d'un grand amour qui grandit et qui survit à travers le temps et l'espace, à travers la guerre et ses conséquences. C'est l'histoire d'une jeune femme Ada Vaughan qui va rencontrer Stanislaus von Lieban qui va l'aimer de tout son être, qui va tout lui pardonner jusqu'au point de non retour, jusqu'à se retrouver seule, sans ami, sans famille sans son amour et qui va devoir se battre pour survivre ou tout simplement pour vivre.

Mais voilà, je n'ai pas été touchée par ce roman. J'ai trouvé Ada immature, inconsciente, très femme enfant. Elle ne déborde pas de courage loin de là et se laisse porter au hasard de ces rencontres. Jamais dans ce livre, elle aura dit non (ou presque...), jamais elle aura décidé de reprendre sa vie en main car finalement j'ai l'impression qu'elle était d'une si grande naïveté et si gentille et prévenante qu'elle n'y a jamais pensé. C'est assez déroutant de rencontrer un personnage telle que Ada Vaughan, car même si je n'ai pas été touché de part son caractère, j'ai été quelques fois émue par son ignorance. Ce qui la caractérise le mieux est son carpe diem. Elle ne va pas se battre pour des projets d'avenir, même si elle y pense, si ce qu'elle veut ne doit pas arriver demain, ce n'est pas grave, ils arriveront peut être dans un an, deux ans, trois ans ou même plus tard. Elle ne les oublie pas, au contraire, mais elle se laisse facilement écarter de sa ligne première sans un remord, sans un regret et y reviendra plus tard. Ada, elle est comme ça, non pas qu'elle soit idiote au contraire c'est une personne qui excelle dans la couture et dans la création de mode, mais elle ne se rend pas compte du monde qui l'entoureEnfermée dans son petit monde, Ada s'ouvre très facilement aux personnes qui lui donne un minimum de reconnaissance et d'intérêt sans s'apercevoir que souvent ils n'ont pas de bonnes intentions.

Le chemin que parcourt Ada va donc nous mener du Londres entre deux guerres, à Paris lors de la déclaration de la seconde guerre mondiale, nous transporte en Belgique puis en Allemagne et plus exactement à Dachau, puis retour au Londres d'après guerre qui a subit les bombardements. Ne vous attendez pas à de l'horreur, à du drame, à des coups et des larmes, l'auteur a choisi une autre voie. Le lecteur est épargné tout au long du roman et souffre seulement de voir l'incompétence de Ada à choisir les bons chemins. Mais lorsque le livre est refermé, a-t-on le droit seulement de juger ses choix et décisions ? A-t-on le droit d'avoir crié tout au long du roman à Ada qu'il est temps qu'elle ouvre les yeux sur le monde qui l'entoure ? Finalement n'a-t-elle pas été plus ou moins heureuse comparés à ceux qui ont été aux mêmes endroits qu'elle et qui n'ont pas eu sa chance ?

Je reste donc songeuse après la lecture de ce roman et je remercie Net Galley et les Editions Préludes de m'avoir fait découvrir un livre qui est différent des romans du genre. Un roman qui ne laisse pas indifférent. Qu'on ait aimé ou non, ce livre aura le mérite de faire parler de lui et plus précisément aura le mérite de faire parler des choix, des responsabilités, des conditions de la femme à la fin des années 40, du droit à l'émancipation, au droit de ses choix sexuels, au droit de vivre sa propre vie.

Citations :

"Ada n'avait entendu parler que de deux empires, le britannique qui opprimé les indigènes, et le romain qui avait tué le Christ. Elle découvrait pour la première fois qu'il y en avait d'autres."

"Je te salue, Marx, plein de lutte, la révolution est avec toi, tu es béni entre tous les travailleurs..."

Ce qu'il me reste dans la tête :

Un bébé qui vient de naître que l'on cache dans un sac pour ne pas se faire prendre. Un dernier baiser sur son front, un dernier regard et un dernier geste pour lui offrir la chose que l'on a encore en sa possession un ours en peluche.

Dachau est libéré, les rescapés sortent, un tube de rouge à lèvre posé sur le sol et Ada qui le ramasse pour en mettre et se sentir enfin femme, enfin vivre. Un geste dérisoire mais qui signifie tout.

Le mot de la fin :

Un livre qui devrait être plus connu. Que l'on aime ou pas, il ne laisse pas insensible. Ada n'est pas l'héroïne que l'on attend dans un roman sur la seconde guerre mondiale, mais ce personnage fictif aurait vraiment pu exister nous fait découvrir autre chose.

***


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