La fille qui prenait les armes - Amy Harmon

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/548/548538/200_0/couv29188801.jpgLa fille qui prenait les armes - Amy Harmon

1780, Massachusetts. Loin de la petite ferme isolée du Massachusetts où elle travaille comme servante depuis ses dix ans, Deborah Samson rêve de Boston, de New York et de Philadelphie, de connaître des endroits qui n'ont pas encore de nom... A 21 ans, elle attend impatiemment le jour où elle pourra enfin goûter à la liberté et explorer le monde. Alors, quand la guerre pour l'indépendance des colonies éclate, elle trouve dans la cause américaine contre l'oppression anglaise un écho singulier à sa propre situation. Enflammée par les rêves de liberté d'un pays tout entier, Deborah bande sa poitrine, enfile un uniforme et s'enrôle dans l'armée continentale. Sa grande taille et sa morphologie élancée font d'elle un soldat convaincant, mais les risques sont considérables et, confrontée à l'horreur du champ de bataille, elle devra lutter pour garder son identité secrète...
Inspirée d'une histoire vraie.


En quelques mots :

Une héroïne libre, une romance douce, une guerre implacable . Après la lenteur du début, l'histoire vibre d'indépendance et de passion. Amy Harmon nous offre le portrait d’une jeune femme indomptable dont la force, le courage et la sensibilité marquent. La romance, douce et délicate, apporte une belle humanité à cette histoire. Un beau récit malgré ses longueurs et ses libertés historiques.

En beaucoup plus de mots :

Troisième livre que je lis de cette autrice, je ne garde pas un très bon souvenir de Ce que murmure le vent malgré les très bons retours qu'il en a eu. Je trouvais que l'histoire commençait réellement qu'à la toute fin du roman. Et ici, j'ai eu peur que l'autrice reproduise la même erreur et il s'en est fallu de peu, car j'ai dû attendre la moitié du roman pour enfin rentrer dans une histoire passionnante. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas le côté historique qui m'a fasciné mais bel et bien la romance contenue dans ce roman.

Amy Harmon nous raconte ici le destin de Deborah Sampson, une jeune fille issue d’une famille très pauvre, qui rêve d’aventures et de liberté. Très tôt, elle comprend que son sexe est un obstacle à ses ambitions et qu’elle devra forcer son destin si elle veut aller aussi loin que ses rêves le lui permettent. Placée très jeune en contrat de servitude, elle trouve une place dans une nouvelle famille à dix ans. Entourée d’une fratrie de dix garçons, Deborah veut porter le pantalon, courir les cheveux au vent, grimper les collines. Elle y parvient en cachette, mais le chemin reste long, trop long pour cette jeune fille extraordinaire. Beaucoup trop de longueurs parcourent cette enfance.

Deborah n’est pas seulement un esprit libre : elle est aussi un esprit pensant. Sa détermination, sa persévérance, fera qu'elle sera curieuse de tout, avide de comprendre le monde, la guerre, et sa place dans tout cela. Elle aura la chance d'avoir une marraine d'écriture, Elizabeth. De ces échanges épistolaires naît une véritable affection, une complicité qui dépasse la simple relation de plume : Elizabeth devient sa marraine de cœur. Là encore, Amy Harmon a pris le parti pris de nous écrire ce que Deborah récite dans sa correspondance, à savoir des versets de la Bible ; c’est répétitif et, à mes yeux, alourdi le texte considérablement jusqu'à l'overdose.

Puis la guerre approche. Les frères de cœur avec lesquels elle a grandi partent un à un soutenir la cause américaine contre l’oppression britannique ; ils sont au fur et à mesure décimés. Le chagrin est grand, le patriotisme de cette jeune fille encore plus. et j'ai eu le cœur serré, en découvrant ses frères qui aiment secrètement cette jeune fille sans qu'elle ne les voit.

Alors, elle décide de s’enfuir. De s’émanciper. Elle se coupe les cheveux, revêt des habits d’homme et devient Rob, un soldat parmi tant d’autres, prêt à se battre pour la liberté et découvrir les affres de le guerre d'indépendance, et le récit démarre enfin...

Cette jeune femme, va avoir tout de même beaucoup de chance lors de son parcours initiatique, et j'ai souvent frissonné de peur de la savoir démasquée. J’ai beaucoup aimé que des sujets comme les menstruations, l’hygiène, la pudeur du corps féminin soient abordés sans détour. Amy Harmon met en lumière la réalité physique et intime d’une femme qui vit cachée parmi les hommes et met aussi en évidence que la femme n'est pas cette petite chose fragile, mais qu'elle est aussi capable que les hommes de faire de longues marches, de charger un fusil, de tuer, de combattre et de vaincre, malgré le froid, la crasse et le sang.

Il faut attendre la rencontre avec un personnage de son passé pour que tout s’accélère, pour mon plus grand bonheur de lecture. Car oui, il y a de la romance, mais qu'elle est douce, délicate, sensuelle, un éveil au corps, une découverte des sentiments, qui prend son temps malgré les coups de canons. Parfaitement dosée, elle renforce le point de vue de Déborah qui est femme dans un costume d'homme pour être libre, mais ne veut pas être homme. Elle aime son corps, elle aime ce qu'elle éprouve et ne revêt ce costume juste pour pouvoir être tout simplement elle-même lorsque les conventions le lui interdit. 

Une histoire qui a fini par me convaincre, malgré ses nombreux défauts, car je me suis laissée porter. Moins sensible aux choix que Deborah fait après la guerre, j’ai néanmoins trouvé que la relation qu’elle entretient reste un véritable amour, sincère et touchant.

Et puis, il y a les commentaires de l’autrice à la fin du roman. Cette histoire était inspirée d’une histoire vraie, je vais sans doute être pointilleuse mais c’est quelque chose qui m’agace profondément lorsqu'elle transforme la réalité. Que l’autrice s’inspire d’un fait réel pour en faire une fiction, très bien. Mais qu’elle utilise les vrais noms de personnes ayant réellement existé pour en faire une autre histoire, c’est un sujet sensible pour moi. Pourquoi réinventer leur vie ? Pourquoi ne pas tout simplement changer les noms, tout en rendant hommage, à la fin, aux véritables figures historiques ?
Ici, Deborah Sampson a vraiment existé, elle a réellement pris les armes. Mais elle n’a pas vécu cette histoire d’amour, et sa marraine d’écriture a eu une autre vie que celle racontée dans ce roman. Je trouve cela dommage. Ce choix, à mes yeux, n’honore pas véritablement leur mémoire, et c’est justement parce que j’ai été touchée par le personnage que cette liberté romanesque m’a dérangée. Mais ce n’est, bien sûr, que mon humble avis.

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