Rien de Shakespeare - Harriet Schneider

 

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/690/690156/200_0/couv63863992.pngRien de Shakespeare - Harriet Schneider

1963. Suite au rapatriement d’Algérie, Eva, fillette imaginative, s’installe avec sa famille au pied des Pyrénées. Leur nouveau quartier donne sur un hôpital psychiatrique délirant inclus dans un parc d’attractions au look de Disneyland. Malgré un départ dramatique – le suicide raté de sa mémé – Eva, amatrice de contes de fées, adopte très rapidement ce lieu extravagant.
Entre une mère splendide et insaisissable, un père aventurier charmeur toujours absent et une sœur démoniaque, Eva grandit dans un monde à la fois tendre, loufoque et cruel où gravitent toute une galerie de figures pittoresques dont Marcelle, sa copine d’école myope et Sœur
Gabrielle, ogresse joyeuse et mentore spirituelle.
Au fil d’aventures cocasses, la fillette surdouée, accroc aux chiffres et à tout ce qui se mange, affronte injustices, mystères, rivalités et dangers à la manière comique et cartésienne d’une jeune Sherlock Holmes fan de Disney.


Lu en partenariat avec Librinova. Merci pour cette sympathique découverte.

En quelques mots :

Un véritable ovni littéraire : un roman d’enfance et d’exil, à la fois tendre, drôle et bouleversant. À travers le regard débordant d’imagination d’Eva, déracinée de l’Algérie vers les Pyrénées des années 60, Harriet Schneider explore la mémoire, la perte et la beauté des choses simples avec une justesse rare. Un texte nuancé, plein de couleurs inventées pour survivre au gris du réel et drôle.

En beaucoup plus de mots :

Parfois, il y a des livres qui font de l’œil. On hésite, on repousse, puis sur un coup de tête on les commence… et on les dévore. Et surtout, on y repense encore longtemps après avoir tourné la dernière page. Rien de Shakespeare fait partie de ces livres-là. Un véritable ovni littéraire. Par sa structure, sa temporalité, par son personnage déconcertant, j’ai passé un tellement bon moment de lecture que le roman m’accompagne encore.

Nous sommes en 1963. Eva vient tout juste de quitter sa terre natale algérienne et se retrouve projetée dans les contreforts pyrénéens, affublée d’un bonnet et d’un pull en laine qui gratte. Une maison grise, un ciel gris, une mémé grise : rien n’a de couleur autour d’elle. Alors Eva les invente. Cette enfant à l’imagination débordante fait sourire, touche, émeut. C’est souvent à travers ses bêtises, ses réflexions naïves et justes à la fois, que Harriet Schneider crée un lien immédiat et profond avec le lecteur.

Entre la réalité brute de la vie dans les années 60 et les contes de Walt Disney qui surgissent par touches, l’autrice nous fait voyager dans le temps, assis à l’arrière d’une petite voiture sans ceinture de sécurité, conduite par une femme qui fume plus qu’une locomotive à vapeur. Une mère glaciale, une sœur méchante, un père absent, une nonne empathique, une institutrice intransigeante, un médecin redoutable, un meilleur ami traître, et une nouvelle amie mignonne à croquer : toute une galerie de personnages qui permet d’explorer des sentiments et des émotions étonnamment profonds.

C’est un livre qui donne envie de rire autant que de chouiner. Un roman de nuances, de beauté oubliée, de choses simples dans une vie qui, pourtant, ne l’est pas. Le synopsis vous dira tout ce qu’il faut savoir sur l’intrigue, mais il ne dira jamais ce que l’on ressent à la lecture. Pour moi, ce roman restera une très belle découverte pour clore l’année 2025, et je sais déjà qu’il ne s’effacera pas de ma mémoire.

Rien de Shakespeare est un roman qui mérite d’être découvert, qui permet de regarder le monde avec un œil neuf et qui rappelle, même aujourd’hui, que les choses les plus simples sont souvent les plus précieuses, celles qui s’ancrent durablement en nous et qu'il ne faut pas oublier que nous avons été enfants et nous aussi nous avons rêver. Un livre qui ne touchera peut-être pas la très jeune génération, "je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre..." mais qui parlera indéniablement aux autres — à ceux qui savent que certaines expériences, certains manques, certaines douleurs, ne peuvent être comprises qu’avec le temps.

En revanche, je dois avouer que je n’ai pas saisi le lien avec le titre Rien de Shakespeare. J’ai peut-être tout simplement laissé passer quelque chose, et si l’autrice me lit, ce sera avec grand plaisir que j’attendrai son éclairage.

Commentaires

  1. Je ne me serais pas arrêtée sur ce résumé, mais tu me rends curieuse :)

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    1. En fait je n'ai lu le résumé qu'après sa lecture et je trouve qu'il est globalement bien fait. Contente de te rendre curieuse.

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  2. Dommage que le titre ne corresponde pas vraiment à l'intrigue mais à part ça, ce roman semble être un sans-faute.

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    1. Comme je le dis, je suis peut-être passé à côté de quelque chose.

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  3. Bonjour Je suis l'autrice. Merci pour votre critique élogieuse qui m'a énormément touchée. J'en ai même pleuré. En ce qui concerne l'énigme du titre, elle a deux origines :
    La première, un pied de nez à une réponse très dure (qui m'a profondément blessée) d'une maison d'édition connue dont je tairais le nom à l'envoi de mon manuscrit :"La littérature est une chose sérieuse madame, vous n'êtes pas Shakespeare".
    La deuxième, un hommage à l'humour d' Alphonse Allais :"Shakespeare n'a jamais existé, toutes ses pièces ont été écrites par un inconnu qui portait le même nom que lui." Je l'ai choisi parce qu'après tant de refus de maisons d'édition je n'avais plus "Rien" à perdre mais je conçois que le titre interpelle. Merci encore de m'avoir lu Harriet Schneider

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