L'auberge de la Jamaïque - Daphné du Maurier

Auteur : Daphné du Maurier
Edition : le livre de poche
Genre : aventure
Sortie : 1936
Pages : 320

Ma note : 16/20

Synopsis :
Orpheline et pauvre, Mary Yellan n'a pas d'autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu'elle a connue jeune et gaie n'est plus qu'une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant, qui enjoint à Mary de ne pas poser de questions sur les visiteurs de l'auberge. Auberge dans laquelle, d'ailleurs, aucun vrai voyageur ne s'est arrêté depuis longtemps... De terribles épreuves attendent la jeune fille avant qu'elle ne trouve le salut en même temps que l'amour. Dans la grande tradition romantique des sœurs Brontë, la romancière anglaise, auteur de Rebecca, nous entraîne avec un sens prodigieux de l'ambiance et de l'intrigue au cœur d'un pays de landes et de marais battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs.

Ce que j'en ai pensé :

C'est un livre qui nous fait respirer l'air iodé de la mer, qui nous emporte sur les côtes sauvages balayée par le vent et la pluie, c'est un livre qui nous fait découvrir un paysage de bruyères et couvert de brumes, si vous voulez de la chaleur et du soleil, passer votre chemin car ici, l'univers décrit par Daphné du Maurier vous glace : le froid, la pluie, le vent sont omniprésents. Mais elle décrit cet univers sauvage avec tellement de délicatesse qui finalement on en redemande.
On retrouve Mary, jeune fille orpheline qui n'a pas d'autre choix que d'aller habiter chez sa tante Prudence, qui ne porte finalement pas si bien son nom puisqu'elle ne l'a pas été, sa tante exubérante, toujours gaie qui a défié la famille, en tout cas c'est comme cela que notre héroïne se souvient de sa tante, mais lorsqu'elle arrive à son auberge, tout y est terne, les murs, le sol, la lumière mais aussi sa tante : dépressive, peureuse. Mary, jeune fille curieuse et déterminée va donc essayer de découvrir ce qui s'est passé et pourquoi sa tante est devenue un fantôme. Elle va donc devoir montrer beaucoup de courage face à Joss son oncle, brute dégoulinant d'alcool, pirates des côtes, entourés d'hommes puants, sanguinaires, brutaux, des hommes en noir. Mais dans cet univers sombre, la lumière va apparaitre sous les traits de Jem, voleurs de cheveux, il était totalement évident que la magie aller s'opérer entre lui et Mary, mais peu importe c'est ce qui fait le charme de cette aventure.
J'ai trouvé l'histoire cohérente et très bien écrite malgré de-ci-delà quelques longueurs qui ne permettent pas de donner un réel rythme à cette œuvre mais l'immensité des paysages, le secret que cache l'auberge nous transporte, et c'est aussi bien comme ça d'être bercé par le rythme de la marée en lisant ce livre.

Citations :

"Elle était inexorable, cette pluie qui cinglait les vitres du coche et s'infiltrait dans un sol rude et stérile. Il n'y avait pas d'arbres, sauf un ou deux peut-être qui tendaient aux quatre vents leurs branches dénudées, ployés et tordus par des siècles d'intempéries."

"Ici, sur le sommet, le vent s'agitait et pleurait avec des murmures de craintes, sanglotait à de vieux souvenirs de sang versé et de désespoir : il y avait là une note déchirante dont l'écho se répercutait et se perdait dans le granit, très haut au-dessus de la tête de Mary, sur le pic même de Roughtor, comme si les dieux eux-mêmes étaient là, dressant vers le ciel leurs têtes imposantes."

"- Au diable l'auberge de la Jamaïque ! J'aime à vous regarder, j'aime à vous toucher, et c'est suffisant pour un homme. Ce devrait l'être aussi pour une femme."

"- Avez-vous été sérieux une seule fois dans votre vie ? demanda-t-elle. Ne respectez-vous rien ni personne ?
- Je respecte mon estomac, et il réclame de la nourriture."

Ce qu'il me reste dans la tête :

Je vois notre héroïne marché dans le froid, dans le vent, sous la bruine à travers les landes pour échapper au mari de sa tante.
Je vois l'arrivée de Mary dans le coche où il n'y avait rien autour d'elle.
Je vois cette femme dans l'eau avec cet enfant dans les bras.

Petit bonus :


La Taverne de la Jamaïque (Jamaica Inn), connu aussi sous le titre L'Auberge de la Jamaïque, est un film britannique réalisé par Alfred Hitchcock, sorti en 1939.
Hitchcock explique dans son livre d'entretiens avec François Truffaut [Le cinéma selon Hitchcock F.Truffaut CINEMA2000/SEGHERS 1975] que les grandes libertés prises par rapport au roman de Daphné du Maurier venaient du fait que Charles Laughton acteur principal et coproducteur du film voulait être présent dès le début. Hitchcock trouvait que ce film n'était pas bon. Et d'ailleurs Daphné du Maurier juge également le film mauvais.


Le mot de la fin :

On redécouvre encore une fois la condition féminine de cette époque, et le courage des ces héroïnes qui cherchent à aller de l'avant.
Et puis on se doute rapidement que tout cela finira bien !!!!

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