Rencontre avec Caryl Férey

J'ai eu le plaisir de rencontrer Caryl Férey lors de la parution de son dernier livre Condor au sein des locaux de Gallimard à Paris : une rencontre étonnante dans un lieu magnifique. Merci à Babelio pour cette très belle rencontre.

Caryl Férey est un homme pressé, un homme occupé, un homme, je crois, un peu débordé par sa notoriété et toutes les rencontres qu'il doit assuré pour la sortie de son dernier livre. Pour ma part c'est la première fois que je lis un livre de cet auteur, même si Zulu attend patiemment dans ma PAL, pour l'occasion je l'ai emmené avec moi, deux dédicaces vaut toujours mieux qu'une (surtout devant le nombre de mots que compose la dédicace... une seule main suffit pour les compter, mais rassurer-vous, ça ne me dérange pas, j'ai compris, c'est un homme terriblement pressé...). La première impression que j'ai eu en le voyant, c'est qu'il m'a fait pensé à Bernard Lavilliers, en plus jeune, habit noir, boucle d'oreille, timbre de voix particulier, un air décontracté mais pas sûr de lui, et peut-être un peu "dopé" pour résister. Le début de la rencontre commence sur les chapeaux de roue, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire les échanges, même son débit d'élocution est pressé !

Lors de l'écriture de son précédent roman : Mapuche, Caryl Férey, avait gardé de la matière concernant ce peuple qui se partage les terres d'Argentine et du Chili. Une association existe à Paris, Caryl Férey les a rencontré et a décidé de partir en Argentine pour l'écriture de Mapuche et maintenant au Chili pour Condor, son dernier roman. Entre les deux romans, 4 années, 4 longues années, car cet auteur, veut écrire et mettre en scène dans ces romans, la réalité, et presque toutes les scènes racontées dans ce livre il les a vécues, mais j'en reparlerai un peu plus tard. Mais pourquoi pas écrire la suite de Mapuche ? Caryl Férey n'aime pas l'idée de série et surtout il avoue : "J'ai tendance à liquider mes personnages", donc évidemment ça n'aide pas. Et puis, pour lui, Mapuche et Condor sont vraiment des romans aux personnages et au ton différents même si on trouve des minorités communes entre ces livres. Il a souhaité deux livres complément distincts, mais fort d'une culture acceptée en Argentine et reniée au Chili. Et comme nous le fait gentiment observé notre auteur, son cœur va plutôt vers les opprimés car il n'aime pas les barrières, il aime la liberté et l'amour.

Pour lui, dans Condor, le plus important n'est pas de savoir qui a tué qui, mais le suspense de ce livre est l'histoire d'amour entre Estéban et Gabriella : les meurtrissures de chacun se révèleront-elles plus fortes que leur passade, les condamnant dès le début de leur relation à leur perte inéluctable ? Je vous laisse découvrir le livre pour le savoir. Sachez tout de même que pour Caryl Férey, Gabriella prend un shoot d'Estéban pendant quelques jours, et comme pour n'importe qu'elle drogue, la redescente va être dur.

Comme évoqué un peut plus haut, Caryl Férey choisi ces personnages suite aux différentes rencontres qu'il fait dans son immersion du pays. Lors de son périple, ou plus exactement, de ses différents voyages au Chili, il a rencontré un avocat chilien qui défend la cause Mapuche. Il a également rencontré des gosses de riches, comme il les appelle, qui vivent dans leur monde ; il s'est inspiré de ces rencontres pour créer le personnage d'Estéban. Pour le personnage de Stephano, c'est pas moins de cinq ou six personnes qui l'ont touché qui sont à son origine. Les autres personnages tels que El Chuque, les religieuses existent réellement, il les a rencontrés dans La Victoria qu'il a pu visité dans un contexte chilien plombé où les gens vivent à crédit et où l'argent est une chose extrêmement importante. Caryl Férey a essayé de nous faire ressentir ce contexte à travers son roman. Il est allé jusqu'à nous décrire le chef de la police tel qu'il l'a rencontré avec les concours de garde à vous dans la cours en contre-bas de son bureau. Beaucoup de scènes dans le roman sont donc véridiques tout comme sa rencontre avec les mapuches dans les montagnes et leurs rites sacrés.

La rencontre se termine sur son incroyable expérience dans le désert d'Atacama, aux paysages extraordinaires, où il a imaginé la fin de son livre comme un mirage dans ce désert de minerais...



(source des images : wikipedia et babelio)

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