OM / La nouvelle arche, trilogie - Julie de Lestrange

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/694/694090/200_0/couv2246467.pngOM, tome 1 : Le Désert - Julie de Lestrange
Spécimen : enfant maintenu en gestation artificielle pendant quinze années. Donne naissance à un membre actif et productif de la Communauté.
Mathilde est l'une des premières. Aujourd'hui âgée de 20 ans, elle s'occupe des futures générations qui grandissent au Centre. Comme elle, ces spécimens n'auront pas d'enfance. Comme elle, ils naîtront, prêts à se battre, pour affronter l'ennemi invisible qui terrorise leur Communauté.
Aussi, lorsqu'un mal étrange frappe certaines unités, Mathilde cherche à tout prix le moyen de les sauver. Et ce qu'elle découvre pourrait bien remettre en cause sa propre humanité.
Mais peut-on être seule à changer le monde ?
Désormais, elle n'a plus qu'une alternative : se taire. Ou combattre.


En quelques mots :

Un tome dystopique efficace mais convenu, porté par l’évolution intéressante de Mathilde. Les questions éthiques intriguent, les pages se tournent vite, mais l’ensemble laisse peu de traces une fois refermé.

En beaucoup plus de mots :

Le récit est assez conventionnel, l’écriture typique du genre, mais l’évolution des croyances et des certitudes de la protagoniste principale est, en revanche, très intéressante. Alors oui, j’ai bien apprécié ma lecture, qui a été assez rapide pour ce tome, et j’espère lire la suite rapidement pour rester dans l’histoire, avant que tout ne se dilue.

Il est clairement évident que l’inspiration de ce livre vient du Meilleur des mondes, avec ces enfants conçus en éprouvette, à la chaîne. Mais ici, ils y restent dix ans, quinze ans… des enfants sans enfance, sans jeux, sans développement personnel, plus facilement embrigadés pour servir. Beaucoup de questions restent en suspens à la fin de ce tome : on parle de guerre, de combats à la frontière, mais contre qui, pourquoi ? Aucune réponse n’est apportée tout au long du récit. Ici, on nous assène que nous sommes dans le camp des gentils… mais le voile se déchire assez rapidement.

Mathilde est finalement un personnage intéressant. Obnubilée par son devoir, par l’acceptation des lois, elle va peu à peu être mise au banc, car la curiosité n’est pas bien vue dans cette organisation. Et c’est justement cette curiosité, son déterminisme à comprendre, mais aussi sa ténacité avec un petit coup de pouce qui vont lui montrer que quelque chose ne va pas. Que le système qu’on lui impose pose de nombreux problèmes éthiques, bien au-delà de ceux déjà présents dans son quotidien et face auxquels elle était jusque-là totalement aveugle.

La lecture est rapide, les actions s’enchaînent, les révélations aussi, et les pages se tournent sans ennui. Mais je sens que, même si j’ai apprécié ma lecture sur le moment, je n’en garderai pas un souvenir très fort dans les semaines à venir. Une lecture plaisante, intéressante par certains aspects, mais qui glisse doucement entre les doigts une fois refermée.

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/694/694792/200_0/couv51857011.pngOM, tome 2 : Terre promise- Julie de Lestrange
Collapsologues : lanceurs d’alerte ayant prédit l’effondrement de notre civilisation. Ils oeuvrent aujourd’hui sous l’égide du Guide.
Mathilde a fui sa Communauté et franchi la frontière au prix du plus insurmontable des sacrifices. Mais ce qui l’attend de l’autre côté dépasse tout ce qu’elle avait pu imaginer.
Noah est le fils du Guide. S’il n’a jamais remis en question la vision de son père, sa rencontre avec Mathilde va bouleverser toutes ses convictions.
Mais comment trouver la force de renverser l’ordre établi ?
Ensemble, ils n’ont plus le choix : ils doivent trouver la vérité.


En quelques mots :

Un deuxième tome frustrant et brouillon, au démarrage déroutant et aux incohérences trop visibles. Quelques idées fortes subsistent, mais le manque de réponses et de construction laisse un sentiment d’inachevé.

En beaucoup plus de mots :

J’ai été totalement perdue au début de ce tome 2, au point de me demander si des pages ne manquaient pas à ma version. Mathilde se réveille soudain amnésique, et l’autrice fait le choix de plonger le lecteur dans la même ignorance que son héroïne. Autant être honnête : je n’ai pas du tout adhéré à ce procédé. J’ai dû m’armer de patience sur une bonne trentaine de pages pour réussir à retrouver un semblant de fil narratif. Et même une fois revenue « dans l’histoire »,  apparaissent de nombreuses incohérences temporelles et des ficelles  scénaristiques énormes pour raccorder les wagons. Un début peu engageant, qui a clairement refroidi mon envie de découvrir la suite.

Mathilde croyait échapper au pire et trouver du secours, elle va vite se rendre compte que finalement il y a bien pire que sa propre communauté, et la souffrance est omniprésente de l'autre côté du mur.

Cette idée, en soi, est intéressante, et certains passages fonctionnent plutôt bien… mais ils restent trop ponctuels, presque anecdotiques. Tout va trop vite, sans que le lecteur ait le temps de s’immerger réellement.

Le véritable problème de ce tome, à mes yeux, reste l'échelle de temps de la narration, comme si l'autrice n'avait pas de fil directeur et que finalement a couché sur le papier ses pensées telles qu'elles arrivaient sans vraiment de cohérence, ce qui est bien dommage. L'ajout de la romance n'apporte rien et parait parfois complétement ridicule.

Au final, ce tome apporte très peu de réponses, voire aucune, aux questions soulevées dans Le Désert, et en ajoute même de nouvelles. Je termine donc cette lecture avec beaucoup de déception et de frustration. Je n’aime pas dénigrer le travail d’un auteur, mais j’ai sincèrement eu le sentiment qu’il manquait ici un vrai travail de fond. Oui, c’est dit, et je l’assume.

Quand je lis les retours dithyrambiques en quatrième de couverture de différents quotidiens, je me demande si nous avons lu le même livre, si je suis complètement passée à côté… ou si l’enthousiasme affiché n’est pas un peu exagéré. Désolée Julie de Lestrange, je ne souhaite pas être méchante ni injuste : j’aime l’idée de départ, ce monde dystopique où l’herbe n’est clairement pas plus verte ailleurs. Mais ce tome est bien trop court et trop fragile pour porter pleinement ses ambitions.

Cela dit, parce que je suis une lectrice obstinée et sans doute un peu trop bonne élève,  j’irai au bout de la trilogie, en espérant que le dernier tome saura enfin exploiter tout ce potentiel laissé en suspens.

https://img.livraddict.com/_thumbs/covers/694/694793/200_0/couv1344761.pngOM, tome 3 : La nouvelle arche - Julie de Lestrange
Depuis que Mathilde a connu l’enfer et le paradis sur Terre, sa détermination est plus forte que jamais.
Elle ne renoncera pas. Derrière la violence, l’endoctrinement et les manipulations politiques, se cache la vérité.
Et, qui sait, la possibilité d’un avenir.


En quelques mots :
Les thèmes de la collapsologie et de l’antinatalisme étaient prometteurs, mais trop peu exploités à mon goût.
Je referme la saga avec déception et le sentiment d’être passée à côté.

En beaucoup plus de mots :

Dernier tome de cette trilogie dystopique. J’attendais des réponses, je les ai eues. Toutes, ou presque. Mais est-ce que cela suffit à faire une grande fin ? Malheureusement non. Et je suis passée à côté.

Ce n’est pas un problème de rythme, au contraire, l’histoire avance vite, les événements s’enchaînent avec efficacité. Mais il m’a cruellement manqué de la profondeur. Je suis restée trop souvent à la surface des émotions, sans jamais vraiment plonger dans les tourments des personnages. Ils doutent, ils aiment, ils se déchirent… mais leurs revirements sont parfois si brusques qu’ils en deviennent difficiles à comprendre. Ils changent d’avis comme une girouette entre le Mistral et la Tramontane. Comment peut-on vouloir une personne et, dans la scène suivante, se glisser dans le lit d’une autre ? Peut-être suis-je trop attachée à une certaine cohérence émotionnelle, peut-être suis-je “vieux jeu”, mais je n’ai pas adhéré.

La fin, quant à elle, m’a semblé expéditive. Elle clôture l’intrigue, certes. Elle referme proprement la trilogie. Mais elle le fait sans ampleur, sans ce souffle final que j’attendais après trois tomes d’attente et de tensions accumulées.

Et pourtant… il y avait matière à faire quelque chose de fort. L’approche de la collapsologie que je découvrais ici en fiction  était passionnante. Cette réflexion sur l’effondrement possible de notre civilisation industrielle, sur ses causes et ses conséquences, ouvrait des perspectives vertigineuses. À cela s’ajoute la question de l’antinatalisme, ce courant de pensée qui prône la non-procréation pour limiter la croissance démographique. Des thématiques audacieuses, contemporaines, dérangeantes. Mais pour moi, elles restent trop en surface, trop peu exploitées. Comme si le potentiel philosophique et politique du récit s’effaçait derrière une intrigue plus rapide, plus accessible, mais moins fouillée.

Peut-être suis-je trop exigeante. Peut-être attendais-je une dystopie plus dense, plus incarnée, plus dérangeante. J’ai parfois eu le sentiment d’une certaine facilité narrative : une histoire efficace, oui, mais au détriment d’un fond qui aurait pu être passionnant s’il avait été davantage creusé.

Je referme donc cette trilogie avec une forme de déception. Je ne regrette pas la lecture, certaines idées m’auront intéressée mais je sais déjà qu’il ne m’en restera pas un souvenir durable. Et c’est sans doute cela, le plus grand regret.

Commentaires

  1. C'est toujours frustrant d'arriver à la fin d'une série et de rester sur une déception... Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour que la prochaine soit plus à la hauteur de tes attentes ;)

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