Phenyx : Révélation - Sophie Jomain et Maxime Gillio
Phenyx : Révélation - Sophie Jomain et Maxime Gillio
Depuis quatre-vingts ans, la PHENYX maintient la paix entre hybrides et non-hybrides, sous la protection d'un être tout-puissant : le Pacificateur. Lorsque celui-ci vacille pour la première fois et qu'Ethan, étudiant sans histoire, est choisi pour lui succéder, tout bascule.
Désormais investi de pouvoirs exceptionnels, et guidé par Mina, téléporteuse insaisissable au service de l'organisation, Ethan plonge au cœur d'un système où la PHENYX protège autant qu'elle manipule l'humanité tout entière.
Entre mensonges, vengeance, pouvoir absolu et désir interdit, ils devront décider s'ils veulent sauver le monde... ou le réduire en cendres pour tout reconstruire.
Et si le nouveau Pacificateur devenait la menace que la PHENYX redoutait depuis toujours ?
En quelques mots :
Un roman au croisement assumé de X-Men et Avengers, entre hybrides, Super-pouvoirs, héros surdimensionné, affrontements idéologiques : tout y est, mais en plus intelligent que prévu.
Rythme effréné, manipulations, dérives du pouvoir, impossible à lâcher.
Comme quoi, même hors de ma zone de confort, un coup de cœur reste possible.
En beaucoup plus de mots :
J’ai découvert Sophie Jomain avec Les Étoiles de Noss Head, en particulier le tome 1 que j’avais trouvé sympathique… mais clairement destiné à un public très (trop) jeune pour moi. Quant à Maxime Gillio, c'est par son roman policier Bienvenue à Dunkerque que j'ai découvert cet auteur à la plume simple et efficace et qui m'avait fait passer un bon roman de lecture. Alors lorsque l'on m'a proposé de découvrir ce quatre mains, je n'ai pas hésité, surtout que le synopsis me plaisait vraiment et il en dit suffisamment pour que je ne m'appesantis pas dessus plus longtemps.
Et je ne m’attendais absolument pas à me retrouver à l'entrecroisement de X-Men et Avengers.
Totalement déstabilisée au tout début, j'ai plongée la tête la première parmi les hybrides et les non hybrides (soit les humains "normaux" comme vous et moi je pense...) avec le numéro un en tête des hybrides, je veux parler du Pacificateur, tout en muscle, en force, en détermination, prêt à sauver le monde de tous les périls, la grâce dans le mollet, la violence dans son petit doigt, la silhouette du plus beau top modèle, le sourire à la Colgate et le clin d'œil de Charmant, l'homme de toutes les situations au dessus du peuple au sens littéral, le protecteur de la veuve et de l'orphelin, le héros des temps modernes, le dieu réincarné, bref vous m'aurez compris, l'homme possède la condition physique de Batman, la cape de Superman, la résistance de Iron Man et je m'arrêterai là car ma connaissance de ces super héros s'arrête malheureusement ici. Un peu plus au fait des Xmen, je n'oublie pas que le pacificateur dont le vol supersonique ne serait rien sans Charles Xavier, Diablo, Tornade ou Mystique.
Si j’insiste avec autant d'emphase, c’est que ce roman m’a littéralement scotchée. Moi qui ne suis pas friande de science-fiction à base de mutations génétiques et de super-pouvoirs, j’ai été happée. Le rythme est parfaitement maîtrisé, les chapitres s’enchaînent avec fluidité, et j’ai dévoré le livre en une journée. C’est efficace, nerveux, addictif.
Mais les auteurs ne se contentent pas d’un simple vernis super-héroïque. Ils grattent sous la surface. Ils questionnent la manipulation, la mégalomanie, la dérive du pouvoir. Qui domine ? Pourquoi ? Comment ? Où s’arrête la protection et où commence le contrôle ? La lutte du bien contre le mal est là… sauf qu’on ne sait jamais vraiment qui incarne l’un ou l’autre. Et c’est précisément ce qui rend le roman intéressant.
J’ai apprécié que l’Histoire de notre civilisation soit réécrite en toile de fond, avec une petite touche de romance discrète, bien dosée, jamais envahissante. L’intrigue principale reste au centre : idéologie, pouvoir, domination, conséquences.
Une mention spéciale pour les personnages secondaires qui ne font pas que de la figuration mais qui sont exploités à la hauteur de leur rôle et en particulier Mme Jane que j'ai adoré dans ses réflexions, son ton, sa vision du monde et c'était tellement agréable de mettre en avant cette lilliputienne batracienne.
Je me suis posé de nombreuses questions au fil de ma lecture, presque toutes trouvent une réponse. J'ai apprécié ne jamais réussir à anticiper les choix des personnages, et c’est suffisamment rare pour être souligné. Quant à l’écriture à quatre mains, elle est d’un équilibre impressionnant : je n’ai pas ressenti de rupture de ton, aucun style ne prend le dessus. C’est fluide, cohérent, parfaitement harmonisé.
Ce roman plaira sans doute aux plus jeunes amateurs de super-héros, mais aussi aux lecteurs plus mûrs qui y verront une réflexion plus large sur le pouvoir et ses dérives.
Une chose est sûre : ce tome ne peut pas être une fin.
Je n’ai plus qu’une question… à quand la suite ?
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