Presagio - Andrea Molesini

Auteur : Andrea Molesini
Éditions : Calmann-Lévy
Genre : Contemporain
Date de parution : 2016
Page : 113

Ma note : 17/20

"L'homme empeste le cuir, la sueur et le fer."

Synopsis A NE PAS LIRE CAR IL EN DIT BEAUCOUP TROP :
Le retour triomphal d’Andrea Molesini à la période d’avant-guerre dans un grand drame romantique.
À la veille de la déclaration de la première guerre, la clientèle cosmopolite de l’Excelsior, un des palaces du Lido vénitien, brille de ses derniers feux sous le regard aigu de son directeur et fondateur, Niccolò Spada. La belle Margarete von Hayek, ressortissante autrichienne et cliente de l’hôtel, attire particulièrement son attention. Or, cette jeune femme aux mœurs très libres séjourne en réalité à Venise pour des raisons plus que sombres.
À Paris peu de temps auparavant, elle fut l’amante de son professeur bien plus âgé, Viktor, avant de séduire son jeune fils Gustave, qui finira par se pendre en découvrant la liaison de Margarete et de son père. Margarete est à Venise pour rendre visite secrètement à Viktor, qu’elle a placé dans un asile de fous, le San Senolo. Mais bientôt, elle devra révéler son secret car elle aura besoin du soutien financier de Niccolò pour continuer à payer les soins de Viktor, qui se perd de plus en plus dans la folie. Margarete, héroïne tragique dans toute sa splendeur serait-elle sur le point de ravager l’existence d’un troisième homme ?
Presagio est un roman court, bâti en trois actes qui donnent la forme d’une tragédie à cette intrigue de Belle Époque finissante, teintée de désenchantement et de frivolité désespérée.

Ce que j'en ai pensé :

Tout d'abord, je souhaite remercier les Editions Calmann-Lévy qui m'ont permis de découvrir ce livre en avant première grâce à Net Galley. Merci pour cette très belle découverte.

Aussi envoutant que Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig, ce roman est une petite perle qui roule sous les doigts.
Si je n'avais pas su que son auteur était une femme (avec toutes mes excuse, l'auteur est bien un homme), j'aurais dit sans l'ombre d'une hésitation que ce roman est écrit par une plume masculine dardant les contours voluptueux de la femme. Et qu'elle femme : la comtesse Margaret von Hayek. Une femme libertine ou du moins qui assume le choix de ces partenaires qui défie les règles de l'époque : l'histoire se situe juste avant le 26 juillet 1914. Elle se réfugie à Venise et on va découvrir son passé à travers les yeux de son nouvel amant Niccolò Spada, directeur de d'hôtel l'Excelsior.
L'histoire est simple, juste, sans fioriture, mais j'ai été enivrée par la bora (vent froid et violent du Nord-Est qui souffle sur l'Adriatique). Les personnages sont travaillés sans excès, juste ce qu'il faut pour nous tenir éveiller et pour vouloir connaître leur destination.
Je n'ai pas beaucoup plus à dire concernant ce livre sauf que si vous le croisez, n'hésitez pas à le découvrir, poussez les portes de l'Excelsior, descendez sur la plage, jetez au vent votre chapeau, inspirez l'air marin et laissez-vous emporter et peut-être vous trouverez un carré de soie rouge.

Citations :

"Pour Niccolò, la classe était quelque chose de sérieux, un mot qui dans sa tête j'évoquais pas des quartiers de noblesse authentique ou présumés, encore moins des carats qui scintillaient au cou des dames, mais une force qui irriguait chaque geste, chaque regard, chaque parole de celui qui en était porteur."

"Si je lui permets de sortir ses griffes, elle me tranchera la jugulaire. Tout me dit laisse tomber, imbécile, cours aux abris. Et tout me dit de ne pas résister à son parfum de fleur d'oranger et de Jasmin, à son regard de vent et de chair, à ses seins durs, à ses hanches prédatrices."

"Gustav et moi étions amis, des amis véritables. Rien de plus. Mais l'amitié est un sentiment complexe, il peut être encore plus absolu que l'amour."

Le mot de la fin :

Une petite douceur d'une après-midi, qui nous transporte sur les rives de l'Adriatique. Un vocabulaire riche et bien choisi, une histoire qui passe et laisse un voile dans nos souvenirs et on sait déjà qu'on le ressortira un jour.

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